Ces dirigeantes qui contribuent à façonner la bio de demain

✊ Ces dirigeantes qui contribuent à façonner la bio de demain

Article extrait de la Newsletter du 11 mars 2021

C’était un temps fort de la semaine, mardi 8 mars dernier s’est tenue la Journée internationale des droits des femmes. Si l’on peut déplorer, en 2021, de devoir recourir à un tel levier pour rappeler l’importance des femmes dans la société, d’aucuns pourraient objecter que c’est un coup de projecteur nécessaire pour mettre en lumière une bien triste réalité : les femmes n’ont toujours pas la place, ni même la reconnaissance qu’elles méritent dans notre culture. Malgré de nombreux efforts pour faire bouger les lignes, force est de constater que des contingences structurelles, sociales, sociétales et même culturelles, freinent encore des évolutions pourtant nécessaires.
 
Au sein des entreprises, accorder plus de place aux femmes sur les plus hautes fonctions est un formidable atout, et très prosaïquement, selon l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, les performances des sociétés en sortent améliorées, avec aussi des effets positifs sur la RSE, mais aussi sur le risque financier.
 
L’univers de la bio, comme ailleurs, est encore trop clairsemé de femmes, notamment aux poste les plus élevés. Mettre sur le devant de la scène, même de manière ponctuelle, des dirigeantes inspirantes, s’est donc imposé assez naturellement. La liste est loin d’être exhaustive, néanmoins, nous avons sélectionné 10 dirigeantes qui, par leur travail et leurs engagements, contribuent à développer la bio, pour en faire un secteur qui rencontre un écho croissant auprès de consommateurs.ices, de Français.e.s, plus globalement, de citoyen.n.es sensibles au bon, au beau, au sain, au bio.
Pilotée de main de maitre par Judith Moog, présidente de l’entreprise, Bio Planète s’est au fil des années, imposée comme une marque incontournable du rayon “huiles” des magasins bio spécialisés. Depuis qu’elle a repris les rênes de la société, alors âgée de 21 ans, Judith Moog est parvenue à hisser l’huilerie bio au rang d’acteur de référence de la bio en France, et en Europe. Aujourd’hui, Bio Planète emploie 150 personnes sur ses deux sites de Bram, en France, et de Klappendorf en Allemagne. Elle compte un catalogue de plus de 70 huiles certifiées biologiques.
Arrivée au sein de Biodis en 2006 au poste d’acheteuse, Myriam Jourdan a rapidement gravi les échelons, pour prendre la direction de l’entreprise en 2014. En 2019, elle a pris un véritable pari entrepreneurial en offrant de racheter l’entreprise, à son fondateur, Jean-Marc Drouin. Dont acte. A la tête d’une équipe de 80 collaborateurs, Myriam Jourdan porte désormais le développement de Biodis, qui fournit 600 magasins bio dans l’Hexagone, et revendique un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros l’an passé.
Elles sont à la fois sœurs et partenaires. Anne-Cécile et Valérie Vausselin, respectivement CEO et directrice générale d’Aroma-Zone, font partie des pionnières de la vente en ligne de produits biologiques, spécialisées dans les huiles essentielles et la cosmétique. Success story du Web marchand, chantre du “Do It Yourself”, Aroma-Zone doit sa progression à ses patronnes, qui ont repris la société à leur père en 2013 mais ont œuvré à sa réussite dès ses débuts dans les années 2000. Aujourd’hui, Aroma-Zone génère près de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires (80 millions d’euros en 2019), et se compose de 150 collaborateurs.
Créer et faire croître une entreprise jusqu’à atteindre 10 millions d’euros en 10 ans, c’est le tour de force qu’a réussi à mener Laëtitia van de Walle, fondatrice de Lamazuna. Spécialiste de la cosmétique naturelle et bio, l’entreprise compte quelque 80 références dans son catalogue produits. Une cinquantaine sont commercialisées sous la marque Lamazuna, et 30 sous la marque The Green Emporium, cette dernière ayant été spécialement conçue pour le circuit des GMS. Diplômée de l’école française d’attaché de presse de Paris, Laëtitia van de Walle parvient, chaque année, à multiplier par deux le chiffre d’affaires de l’entreprise. Lamazuna ne comptait que 11 salariés il y a deux ans, elle en emploie désormais 75.
Être chef d’exploitation, c’est aussi être chef d’entreprise. Dans l’univers de la bio, agricole qui plus est, cela revient à être un pilier de son développement. Productrice de céréales biologiques dans l’Yonne à la tête d’une exploitation de 200 hectares, Christelle Garnier cumule les fonctions, symbole de son engagement dans la bio. Elle est aussi administratrice de l’enseigne Biocoop, vice-président de la coopérative bio Cocebi et porte-parole du label “Bio Equitable en France”. Rien de moins. Elle a activement contribué à la naissance de ce nouveau label, déployé en mai 2020, et qui vise à valoriser à la fois l’agriculture biologique et le commerce équitable nord-nord. Il est déjà visible sur certains emballages de produits à marque Biocoop, et Paysans d’Ici.
C’est la nouvelle patronne de l’Agence Bio depuis le mois de janvier 2021. Diplômée de l’ESSEC et Sciences Po Paris, Laure Verdeau est une spécialiste du secteur alimentaire et a accompagné, depuis 10 ans, plus d’une centaine de petites et moyennes entreprises françaises dans leur stratégie de développement, notamment chez Bpifrance. A la tête de l’Agence Bio, elle veut contribuer à amplifier la transition en cours vers un nouveau modèle alimentaire et agricole, en accompagnant le changement d’échelle de la bio en France. Pour cela, elle compte activer les leviers les plus efficaces : augmentation de la SAU, structuration des filières bio, bio en restauration collective et accessibilité du bio, en sont les principaux.
Fille de médecins, sensibilisée très tôt à l’alimentation saine, Emna Everard s’est lancée très jeune dans l’entrepreneuriat bio puisqu’elle a imaginé Kazidomi au cours de ses études. Fondatrice et CEO de l’entreprise, elle pilote désormais un acteur majeur du Web marchand belge dédié à la vente de produits biologiques. La grande particularité de cette plateforme repose aussi sur son modèle économique : les clients ont le choix entre acheter leurs produits directement, ou soucrire un abonnement annuel et ainsi, bénéficier de tarifs privilégiés. En quatre ans, Kazidomi a bouclé quatre levée de fonds (pour plus de 7 millions d’euros au total), et revendique 10 millions d’euros en chiffre d’affaires en 2020.
Elle est la voix officielle d’un poids lourd parmi les grossistes bio en France. Karine Lecomte est la directrice marketing du groupe Organic Alliance, qui regroupe les entités Pronatura et Vitafrais. En charge de sa communication de sa transformation digitale, et de la RSE, Karine Lecomte a contribué à la définition de la stratégie de l’entreprise, “Ambition Organic Alliance 2025”, qui repose sur 3 piliers : diversité, empreinte emballage et transport, accessibilité au bio. Multi-casquette, elle a participé à la redéfinition des plateformes de marque et de leur stratégie marketing, tout en assurant la communication sur le portefeuille de marques propres.
Redonner ses lettres de noblesse au végétal dans la cuisine, tout en favorisant le goût des produits, ainsi pourrait être résumée la philosophie de la marque Beendi. Créée par Beena Paradin, diplomée de l’Essec, et son époux Yannick Migotto (ex-Amazon en charge des biens de consommation), la marque a su trouver sa place dans les rayons des magasins bio et en GMS. Pour créer des mélanges uniques (plus d’une trentaine), Beena Paradin a su puiser dans son histoire – elle est née au Kérala, en Inde -, et grâce à du travail en se perfectionnant après de chefs comme Alain Ducasse et Olivier Roeillinger. Sous la houlette de Beena Paradin, Beendi a levé 4 millions d’euros en 2019, et n’a cessé, depuis, de grandir.
Elle est directrice marketing du numéro 1 de la distribution bio spécialisée en France depuis le mois de juin 2020. Claire Bourdon a intégré Biocoop pour “valoriser et faire connaitre le projet de l’entreprise”. Claire Bourdon est une pointure de la distribution, diplômée d’AgroParisTech et d’HEC. Passée chez Intermarché mais aussi chez Carrefour pendant huit ans, elle a notamment opéré en tant que chef de produits, puis à la refonte de la marque propre de l’enseigne. Elle a également été chef de marque sur les produits de l’enseigne issus de l’agriculture bio et a défini des projets de croissance, tels que le développement d’une enseigne spécialisée bio. Chez Biocoop, elle veut contribuer à inciter davantage de citoyens “à faire le choix d’une véritable consommation responsable pour construire ensemble un avenir soutenable”.

François Deschamps