Coronavirus : le boom des ventes de compléments alimentaires en magasins bio

Article extrait de la Newsletter du 02 avril 2020

Les compléments alimentaires ont-ils fait l’objet de la même ruée de la part des Français, que les denrées alimentaires ? Les consommateurs avaient-ils anticipé l’arrivée du Covid-19 en France, et pris des dispositions “santé” s’inscrivant en ce sens ? S’il est un peu tôt pour obtenir des données précises pour l’ensemble des acteurs du secteur bio, un premier bilan mérite toutefois d’être dressé.
 
Sur la base des premières remontées – peu nombreuses encore – d’industriels spécialisés sur les compléments alimentaires, le Synadiet (syndicat national des compléments alimentaires), qui se veut donc prudent sur le sujet, confie qu’il y a bel et bien eu une hausse des ventes de compléments. Une tendance qui nous a été confirmée par l’enseigne Biocoop ainsi que par les laboratoires Super Diet (voir interview ci-dessous).
 
Dès le début du mois de mars selon le Synadiet, les Français ont commencé à s’approvisionner en compléments alimentaires, puis, avec l’entrée en vigueur des mesures de confinement gouvernementales et la baisse de fréquentation des magasins physiques, les ventes ont connu un effet de ralentissement.
 
Parmi la large palette de compléments alimentaires disponibles en magasins bio, les produits relatifs à la vitalité et à l’immunité, auraient particulièrement été privilégiés par les acheteurs en magasins bio. Chez Biocoop, les produits tels que les huiles essentielles de tea tree et de ravintsara, les extraits de pépin de pamplemousse, la spiruline, l’argent colloïdal mais aussi la propolis et la gelée royale, ont (entre autres) été largement plébiscités.
 
Pour aller plus loin, nous avons sollicité le poids lourd des compléments alimentaires biologiques, les Laboratoires Super Diet. Le constat de son directeur marketing, Pierre Lafitte, est sans appel : les consommateurs de compléments alimentaires ont non seulement acheté davantage de produits qu’à l’accoutumée, mais ils avaient anticipé l’arrivée du Covid-19 en France, en s’approvisionnant bien en amont des premières mesures déployées.

Pierre Lafitte, directeur marketing et communication, Super Diet

Les ventes de compléments alimentaires chez Super Diet ont-elle progressé durant cette période sans précédent de crise sanitaire ?

Pierre Lafitte, Super Diet : Nous avons connu un pic de commandes dès le début du mois de mars. Par rapport à l’année dernière à la même période, les ventes ont été multipliées par 2 la première semaine, puis par 7 la deuxième semaine. Les ventes en fin de mois ont été moins dynamiques, néanmoins, elle ont tout de même été multipliées par 3. Autrement dit, il y a eu une anticipation de la part des Français qui achètent des compléments alimentaires, puis une accélération et une hausse qui s’est maintenue.
 

Quels produits ont plus particulièrement été achetés ?

Pierre Lafitte : Ce sont les produits liés à la vitalité et à l’immunité. Chez Super Diet, cela représente une gamme composée d’une trentaine de produits sur plus de 200 références au total. Ceux qui ont connu un succès particuliers sont notamment les produits de la ruche comme la gelée royale. L’acérola a également connu un grand succès, et certains distributeurs spécialisés ont été dévalisés. Les autres produits ayant connu de fortes hausses de ventes sont ceux contenant de l’échinacéa, du ginseng, mais aussi l’extrait de pépin de pamplemousse.
 

Parvenez-vous à suivre le rythme des commandes ? Les approvisionnements sont-ils assurés ?

Pierre Lafitte : C’est un contexte compliqué, avec un effet de « ciseaux » entre l’offre et la demande. Concrètement, il y a une forte progression de la demande et en même temps, une raréfaction de l’offre. Notre force chez Super Diet réside dans le fait que nous possédons notre propre usine de fabrication des produits. Nous sommes donc capables de maintenir un certain niveau de production. C’est moins évident pour les laboratoires qui externalisent la fabrication de leurs produits. Concernant les approvisionnements, il devient difficile de s’approvisionner sur certaines matières premières, notamment celles qui viennent de Chine comme le ginseng, mais aussi celles qui viennent d’Amérique latine. Sur ces produits, il y a donc des risques de pénuries.
 

Comment voyez-vous l’évolution de l’activité dans les semaines à venir ?

Pierre Lafitte : Le mois d’avril risque d’être bien plus timide en raison de la baisse de fréquentation en points de vente, et de difficultés liés à la logistique (transport, approvisionnements matières premières ou articles de conditionnements). Nous pouvons imaginer une reprise progressive en sortie de confinement, avec un mois de mai en demi-teinte. En revanche, je m’attends à une saison automne-hiver particulièrement dynamique avec une croissance à deux chiffres au cours des mois de septembre, octobre, novembre et décembre, notamment si les Français s’inscrivent dans une logique de prévention face aux maladies.