[ETUDE] Les Français de plus en plus consommateurs de produits bio

Mus par des évolutions de comportements alimentaires, près de 9 Français sur 10 consomment désormais des produits bio, selon un baromètre dévoilé par l’Agence Bio. Si de nombreux indicateurs montrent que le phénomène continue de prendre de l’ampleur, quelques freins l’empêchent encore de prendre un plein essor.

La consommation de produits biologiques s’ancre de plus en plus dans les habitudes des Français. Selon un baromètre que vient de dévoiler l’Agence Bio, près de 9 Français sur 10 consomment des produits bio, 71% d’entre eux en consomment au moins une fois par mois, et 47% au moins une fois par semaine (contre 37% en 2015). Si les produits bio semblent avoir déjà séduit une partie des Français, ils conquièrent aussi de nouveaux consommateurs puisque 16% d’entre eux en achètent depuis moins d’un an. C’est un peu moins qu’en 2018 (17%), mais beaucoup plus qu’il y a deux ans où ils n’étaient ‘que’ 9%.
 
La santé, principale motivation d’achat
 
Les raisons qui poussent les Français à consommer des produits biologiques sont multiples, mais la volonté de préserver leur santé est celle qui tient une place prépondérante, particulièrement chez les personnes âgées de 65 ans et plus (70 %). Deuxième élément de motivation pour acheter bio, le goût et la qualité des produits, et cela de manière encore plus prononcée sur la tranche d’âge des 50-64 ans (60 %) et des inactifs (55 %). La troisième raison tient plus de considérations écologiques puisque c’est la préservation de l’environnement qui ressort ici le plus, et encore plus particulièrement parmi les femmes (51 %). Enfin, un tiers de consommateurs évoque l’accessibilité de l’offre bio dans leurs lieux d’achats habituels, ainsi que le bien-être animal.

 

La montée en puissance du bio non-alimentaire

Si le constat s’agissant de la progression de la consommation de produits alimentaires est sans appel, il en va de même pour le marché du bio hors alimentaire. L’an passé, 78% des Français ont acheté un produit bio non alimentaire. Avec un succès plus marqué des produits ménagers (64%), et dans le même temps, une forte progression des produits cosmétiques (+16 points en deux ans). Il faut dire que l’offre bio des grandes marques, ainsi que des distributeurs via leur MDD, s’est beaucoup étoffée l’année dernière. Cela aura donc pu avoir une incidence sur l’inclination des Français.es à s’offrir de la cosmétique bio.
 
Des changements notables dans les comportements alimentaires
 
Le succès rencontré par les produits bio auprès des Français s’accompagne d’un changement plus global de leur comportement alimentaire. En 2019, 58% d’entre eux ont en effet déclaré avoir modifié leurs habitudes d’achat ou leurs comportements alimentaires. Attention plus importante au gaspillage alimentaire, consommation de produits frais, de saison, locaux sont les principales modifications opérées par les consommateurs. « Les produits biologiques doivent intégrer la montée en puissance des ces différentes composantes pour continuer à se développer », souligne Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio.
 
La grande distribution, circuit d’achat le plus plébiscité
 
Si les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) restent le circuit d’achat le plus fréquemment cité par les consommateurs bio, tous produits confondus, ce chiffre enregistre cette année une baisse sensible : 77 % (vs 81 % en 2018). Les consommateurs bio semblent de plus en plus intéressés par des points de vente plus à taille humaine, proches de chez eux et privilégiant une relation directe avec les producteurs. Ainsi, c’est d’abord chez les artisans que les consommateurs attendent de trouver plus de produits bio (48 %) notamment les CSP + (52 %) et en région Occitanie (59 %). Ils sont talonnés de près par les marchés, auxquels les Français demeurent attachés (45 %), notamment chez les plus âgés (51 %) et ceux résidant en région Ile-de-France (53 %). Les commerces de proximité (37 %) et les achats en direct chez le producteur (29 %) se maintiennent. Le drive et Internet (respectivement 16 % et 13 %) ciblent quant à eux les plus jeunes.
 
La subsistance de freins
 
La bonne santé du marché bio ne signifie pas pour autant qu’il n’existe aucun frein au maintien de son développement, avec en premier lieu les prix, qui ne cessent d’être perçus comment étant trop élevés. Mais aussi, la persistance de doutes dans l’esprit du consommateur sur le caractère biologique de certains produits. C’est en quelque sorte, un déficit de confiance. S’agissant plus particulièrement de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire, « les consommateurs se demandent si le produit bio d’une grande marque est vraiment bio », indique Philippe Henry, président de l’Agence Bio. « Et le développement d’autres démarches qui ressemblent au bio, comme le sans pesticides ou le vrac, peuvent créer le doute ». Enfin, il existe encore et toujours une forme de défiance face aux organismes de contrôle chargés de faire respecter le cahier des charges de la bio. Pourtant, « chez les organismes Ecocert et Bureau Veritas – qui détiennent environ 80% de part de marché sur le contrôle des opérateurs certifiés bio -, au moins un contrôle est prévu chaque année, et un second, de manière aléatoire. En moyenne un agriculteur bio est contrôlé 1,3 fois par an », explique Florent Guhl.