[MARCHÉ] En plein essor, les ventes en vrac pèsent 1,2 milliard d'euros en France

Sur la base d’une croissance annuelle de près de 50%, le marché du vrac en France pourrait atteindre 3,2 milliards d’euros d’ici 2022.

Article extrait de la Newsletter du 06 février 2020
 
Avec l’éveil des consciences face à la surabondance de déchets et au gaspillage alimentaire, la consommation de produits en vrac gagne peu à peu du terrain en France. En 2019, 4 Français sur 10 ont acheté au moins une fois des produits vendus en vrac (Nielsen, déc 2019), et le marché du vrac dans l’Hexagone a atteint 1,2 milliards d’euros en 2019, selon les estimations de l’association Réseau Vrac. Sur la base d’une croissance de près de 50% chaque année, l’association prévoit que d’ici 2022, le chiffre d’affaires total généré par les ventes en vrac sur les produits de grande consommation, devrait atteindre 3,2 milliards d’euros. Soit peu ou prou, le triplement de sa taille actuelle.
 
Historiquement, une grande partie du mérite est attribuable aux magasins biologiques spécialisés qui, très tôt, se sont appropriés le vrac. Mais peu à peu, avec l’extension de l’offre et de la diversité des produits disponibles, d’autres acteurs s’emparent du phénomène, preuve de leur confiance de le voir grandir encore davantage.

 

« Aujourd’hui, le marché du vrac se répartit entre les enseignes spécialisées comme ‘Day by Day’, les distributeurs spécialisés sur le bio, et les grandes surfaces alimentaires. Les GSA représentent environ 50% des ventes, les spécialistes bio 45% et les magasins spécialisés dans le vrac pèsent pour 5% ».

Célia Rennesson, co-fondatrice et directrice générale de Réseau Vrac.

Bonne nouvelle pour les acteurs du bio, l’association estime qu’une très large partie des produits vendus en vrac sont biologiques. Près de 90% de l’offre vrac en grande distribution alimentaire, 80% dans les magasins spécialisés sur le vrac, et évidemment, 100% dans les enseignes bio.
Si le marché va continuer de grossir, il y a, en revanche, fort à parier que la répartition des ventes entre les différents acteurs en présence évolue elle aussi. Notamment en faveur des grandes surfaces, qui s’approprient de plus en plus le phénomène, et disposent de moyens considérables pour le faire croître dans ses magasins. En outre, grâce aux évolutions récentes du cadre réglementaire sur la vente en vrac, les distributeurs pourraient être encouragées à accélérer encore davantage.
 

Un développement porté par la loi anti-gaspillage

En effet, après avoir été adopté par l’Assemblée nationale, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a été adopté à l’unanimité au Sénat jeudi 30 janvier 2020. Or, parmi les objectifs de ce projet de loi, figure le développement des solutions de vrac, et prévoit que tout consommateur «peut demander à être servi dans un contenant apporté par ses soins, dans la mesure où ce dernier est visiblement propre et adapté à la nature du produit acheté». Certains groupes de distribution l’ont formalisé et intégré dans leur stratégie de développement. Dans une interview accordée à L’Obs à la fin du mois de janvier dernier, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard expliquait ainsi : « le suremballage, le plastique… tout cela sera derrière nous. Le faible impact environnemental de notre consommation sera la règle. Nous aurons mis au point des emballages totalement recyclables, compostables, réutilisables à l’infini, personnalisés qui permettront à chacun de packager ses achats de manière individuelle ».
 
L’expansion du vrac en France pourrait aussi être dopée si l’offre parvient à suivre le rythme de croissance de la demande, notamment s’agissant des produits frais comme les yaourts, les boissons ou encore la cosmétique. Si de grands industriels comme L’Oréal ou Danone travailleraient déjà en ce sens, en développant des solutions commercialisables, les industriels du bio, ont eux aussi une vraie carte à jouer.