[INTERVIEW] Philippe Bramedie, président et fondateur, Les Comptoirs de la Bio

Article extrait de la Newsletter du 04 février 2020

Avec un chiffre d’affaires en hausse de 12% en 2020, Les Comptoirs de la Bio commencent 2021 avec la volonté de continuer de s’étendre rapidement sur le territoire français. Dès la fin du premier trimestre, l’enseigne compte ouvrir un magasin par semaine jusque la fin de l’année, et notamment dans les plus grandes villes. Face au contexte de concentration des acteurs de la distribution spécialisée, le groupement d’indépendants veut se positionner comme un interlocuteur de choix pour les spécialistes en quête de pérennité. Philippe Bramedie, président et fondateur de l’entreprise revient sur les grands chantiers mis en place par l’enseigne, et détaille ses leviers de développement. Interview.
 

La Covid-19 a mis un coup de frein à de nombreuses ouvertures dans le commerce alimentaire. Qu’en est-il chez Les Comptoirs de la bio ?

Philippe Bramedie : Nous sommes en dessous des objectifs que nous nous étions fixés en termes d’ouvertures de magasins, en 2020. En raison de la crise, toutes nos équipes dédiées au développement se sont arrêtées au cours des mois de mars, avril, mai et juin ; on ne pouvait plus travailler. Pour autant, sur l’ensemble de l’année, nous sommes parvenus à ouvrir vingt magasins, grâce aux mois de septembre, octobre, novembre et décembre, où l’on a pu rattraper une partie du retard engendré par le premier confinement. Par ailleurs, nous avons l’ambition d’être présents à proximité et dans toutes les grandes villes de France. A Paris, à Lyon où l’on a ouvert un magasin récemment dans le 8e arrondissement, à Marseille où nous avons deux adhérents dans les 8e et le 9e arrondissements… bref, dans toutes les grandes villes du territoire.
 

Quelle est votre ambition pour 2021 ?

L’année 2021 est très bien engagée puisqu’au mois de janvier, nous comptons d’ores et déjà 17 nouveaux magasins dans le groupement, dont 16 nouvelles adhésions et une ouverture. Cela représente l’équivalent de près 32 millions d’euros de chiffre d’affaires, et plus de 6 000 m2 supplémentaires. De plus, à la fin du premier trimestre 2021, nous prévoyons l’ouverture d’un nouveau magasin par semaine jusqu’à la fin de l’année.
 

Sur quelle tendance s’est inscrite l’activité de l’entreprise au cours de l’année 2020 ?

Nous avons enregistré, sur l’ensemble de l’année, une progression de l’ordre de 12% à périmètre constant, mais ne communiquons pas le chiffre d’affaires. A périmètre non constant, nous sommes bien au-delà. En outre, depuis le début de l’année 2021, nous sommes engagés sur une très bonne dynamique avec une progression, à périmètre constant, de l’ordre de 18%. Nous pensons réaliser une très belle année 2021, nous restons très optimistes et clairement déterminés.
 

Vous avez lancé de nombreuses références sous vos différentes marques de distributeurs en 2020. Combien de références couvrent désormais vos MDD ? Est-ce un axe qui continuera à être développé en 2021 ?

C’est en effet un axe de développement et de différenciation fort de notre enseigne. La qualité d’une gamme de MDD permet l’adhésion et la fidélité de nos clients. Nous continuerons de la développer. Nous avons déjà plus de 400 références en MDD, et à terme, l’objectif est d’atteindre 1 200 références au global, soit entre 10% et 15% de l’offre des magasins. Elles sont réparties sur 5 marques différentes, trois dans l’alimentaire, et deux sur le non-alimentaire. Dans l’alimentaire, ‘La Sélection des Comptoirs’ constitue le meilleur rapport qualité/prix, la marque ‘Papilles du Monde’ porte sur les produits non transformés et de filière, comme le café ou encore les fruits secs. Enfin, ‘Mes Trésors Bio’ est notre marque premium avec des produits issus de petits producteurs, d’origine France. Nous avons d’ailleurs lancé récemment sous cette marque une gamme de viandes et de charcuteries. Enfin, nous prévoyons de lancer au cours de l’année, une marque dédiée à l’hygiène-beauté ainsi qu’une marque consacrée aux eco-produits.
 

Au cours des confinements, l’enseigne a beaucoup communiqué pour inviter les producteurs locaux à se rapprocher des magasins, afin d’écouler leurs marchandises. Où en êtes-vous aujourd’hui sur ce point, et continuez-vous à développer la composante dite locale des produits ?

Plus que jamais. Les relations que nous avons nouées avec les producteurs locaux pendant les différents confinements, perdurent aujourd’hui. Nous continuons à étoffer nos gammes locales sur l’ensemble de nos points de vente partout en France. Une grosse proportion concerne les fruits et légumes, dont le poids de la composante locale est variable dans l’ensemble des produits en raison d’une forte saisonnalité, mais globalement, ils représentent environ 20% de notre assortiment. L’idée est de faire progresser le local jusqu’à 30% de l’assortiment, même s’il n’y a pas vraiment de limites.
 

Votre site marchand a été déployé en fin d’année 2020. Comment se porte-t-il ?

L’e-commerce est un travail de longue haleine, c’est progressif, et nous sommes encore en phase de déploiement. Cela demande un très gros investissement, et beaucoup d’animations tout au long de l’année. Néanmoins, notre site a rencontré un vrai succès dès son lancement, et là, il est en train de prendre progressivement. Pour rappel, il repose sur du picking en magasin, et repose sur deux solutions d’achats : via des recettes prêtes à mettre en panier, ou l’achat traditionnel ‘au produit’. Deux modes de ‘livraison’ sont proposés, le retrait en magasin ou la livraison à domicile, sur plus de 4 000 références (secs, frais, vrac…). A date, vingt adhérents proposent l’e-commerce. Une vingtaine supplémentaire voir davantage viendra grossir les rangs d’ici la fin du 1er trimestre. Notre objectif est d’être à un peu plus de 100 à la fin du premier semestre. Nous allons continuer de mettre les moyens pour le déployer activement en 2021, et pourrons parler de premiers résultats en fin d’année.
 

Les négociations commerciales battent leur plein en ce moment, où en êtes-vous chez Les Comptoirs de la Bio ?

Nous travaillons avec environ 150 fournisseurs principaux. Nous avons de très bonnes relations avec eux. C’est pourquoi 80% des négociations sont d’ores et déjà terminées.
 

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la bio spécialisée, au vu des changements opérés dans le secteur en 2020 ?

Le marché va se concentrer de plus en plus vite, du fait de l’arrivée de nouveaux intervenants, et de la volonté du trio de tête de se développer. Je suis convaincu qu’il va y avoir des rapprochements de plus en plus forts entre indépendants. A ce titre, nous sommes des interlocuteurs intéressants, car au fil des années, nous avons su rassembler un bon nombre d’indépendants. Nous disposons des outils nécessaires à un bon développement, autant en termes de communication, que de plateforme, ou d’assortiments de produits. Les comptoirs de la Bio sont un vrai groupement d’indépendants, c’est notre force, notre ADN, et nous sommes prêts à accueillir toutes les bonnes volontés.

Propos recueillis par François Deschamps