L'UE va accélérer le développement de l'agriculture biologique

A l’occasion de la cinquième édition de la conférence annuelle consacrée aux perspectives agricoles de l’UE, le nouveau Commissaire à l’Agriculture et au Développement rural, Janusz Wojciechowski, a dévoilé sa vision pour l’agriculture européenne de demain.

La cinquième édition de la conférence annuelle consacrée aux perspectives agricoles de l’UE a eu lieu les 10 et 11 décembre derniers, et a rassemblé des institutions de l’UE, des gouvernements et des organisations internationales, mais aussi des acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, des experts du marchés, des universitaires, des groupes de réflexion, et la société civile. Un événement majeur qui a vocation à engager des réflexions sur l’avenir de l’agriculture en Europe.

L’occasion pour le nouveau Commissaire à l’Agriculture et au Développement rural, Janusz Wojciechowski, de livrer un discours inaugural dévoilant sa vision pour l’agriculture européenne de demain. Il a particulièrement insisté sur l’importance qu’il faut donner à l’agriculture biologique dans les systèmes agricoles européens, et indiqué qu’elle serait désormais un objectif majeur pour la Commission européenne. Issu d’une famille d’agriculteurs, le Commissaire polonais a réaffirmé son souhait de réduire l’agriculture intensive au sein des États membres, et a plaidé pour la diminution de l’utilisation des pesticides et des engrais. Cela devra notamment se traduire par la mise en place d’un plan d’action concret dès 2020.

Janusz Wojciechowski a par ailleurs indiqué que cette philosophie implique de contribuer à la stratégie « De la ferme à la fourchette » présentée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au lendemain de sa nomination en septembre 2019. Pour le Commissaire à l’Agriculture, la meilleure manière de procéder est d’avoir recours à « des carottes plutôt qu’à des bâtons ». Quant à sa volonté de soutenir les meilleurs pratiques, il a notamment expliqué vouloir s’appuyer sur la Politique agricole commune.

Les inégalités entre États membres au centre des enjeux

L’ambition de Janusz Wojciechowski ne sera toutefois pas simple à atteindre. Lors d’un point presse en marge de l’événement, il a souligné les différences de « maturité » des pays membres sur la question de l’agriculture biologique. S’agissant à la fois des aspects de production et de consommation. « Il existe un problème de promotion des produits biologiques dans certains pays membres, au sein desquels leur part dans la consommation (totale) reste faible, tandis que dans d’autres États, elle est bien plus élevée. »

S’appuyant sur l’exemple de son pays natal, la Pologne, il a fait valoir que de nombreux agriculteurs désireux de se convertir à l’agriculture biologique restent confrontés à un marché biologique encore de petite taille, et s’interrogent encore sur la manière dont ils peuvent écouler les produits récoltés. Pour M. Wojciechowski, l’une des solutions résiderait dans la levée des barrières à la consommation de produits bio, afin d’inciter les paysans à franchir le pas.