[MARCHÉ] Au Royaume-Uni, le bio enregistre sa meilleure performance en 15 ans

Article extrait de la Newsletter du 11 février 2021

C’est la plus forte hausse de chiffre d’affaires généré par les produits biologiques depuis près de 15 ans. Au Royaume-Uni, les ventes de produits bio (alimentation, cosmétiques et habillement) ont fait un bond de 12,6% en 2020, pour atteindre 2,79 milliards de livres sterling (3,2 milliards d’euros), selon les derniers chiffres du rapport annuel publié par la Soil Association. A titre de comparaison, en 2019, les ventes n’avaient progressé que de 4,5%, et atteignaient 2,45 milliards de livres sterling (2,8 milliards d’euros). Dans l’univers de l’alimentaire britannique, le bio reste modeste, ne représentant que 1,6% des ventes réalisées par les retailers installés dans le pays.
 

Évolution des ventes de produits biologiques au Royaume-Uni

(2006-2020, en milliards d’euros)

Source : Soil Association, février 2021

La majeure partie des ventes réalisées concerne les produits alimentaires, avec des hausses particulièrement marquées pour les légumes frais (+15%), mais aussi le poisson (+17%). Relativement aux mesures liées à la Covid-19, les ventes de produits en conserves et emballés ont également progressé davantage qu’à l’accoutumée. De plus, les ventes de bières, de vins et de spiritueux ont augmenté de près de 30%.

Trois enseignes trustent le marché

Parmi les retailers britanniques, trois enseignes se partagent la majorité des ventes de produits biologiques en GMS, il s’agit de Waitrose, Sainsbury’s et Tesco. Selon la Soil Association, c’est l’enseigne Sainsbury’s qui a pris la tête devant ses homologues, au cours de l’année 2020.

500 millions d’euros de produits livrés à domicile

Autre particularité, les produits biologiques livrés à domicile ont également été très plébiscités, et leur quote-part dans l’ensemble du chiffre d’affaires de 2020, atteint près de 500 millions de livres sterling (570 millions d’euros), soit une augmentation de 36,2% vs 2019. Notons toutefois qu’il peut s’agir là d’un corolaire aux modes de consommation des Britanniques, plus habitués à se faire livrer à domicile que les consommateurs français, le drive y étant notamment moins développé qu’en France. Il peut aussi s’agir d’un effet lié à la Covid-19, et à la mise en place de confinements qui, à l’instar de la France, a eu pour effet d’inciter les Britanniques à se remettre à cuisiner à leur domicile.
 
Sur cette base, plutôt positive pour le marché de la bio au Royaume-Uni, se pose encore la question de la pérennité de cette évolution dans les années à venir. Pour Clare McDermott, directrice du développement commercial de la Soil Association, il pourrait bien y avoir une vraie prise de conscience, durable, chez les consommateurs britanniques. Dans le quotidien The Guardian, celle-ci a notamment expliqué que « les gens font leurs achats localement, se rendent aux magasins à pied, deviennent plus conscients de la nourriture qu’ils mangent et d’où ils viennent ». Des tendances qui, pour certaines, ne sont pas sans rappeler ce que l’on a pu constater dans l’Hexagone en 2020. Pour 2021, la Soil Association estime que le marché du bio va continuer de croître pour atteindre en fin d’année un peu plus de 3,3 milliards d’euros.

François Deschamps