[RÉSULTATS] Engagée sur tous les fronts, Biocoop signe une bonne année 2020

[RÉSULTATS] Engagée sur tous les fronts, Biocoop signe une bonne année 2020

Article extrait de la Newsletter du 18 mars 2021

Extension du parc de magasins, Réduction des déchets, développement du vrac, du nombre de références sous sa marque propre, valorisation du commerce équitable, chasse aux produits ultra-transformés, accélération sur l’e-commerce, relocalisation de productions en France… La coopérative Biocoop est engagée sur tous les fronts, et tient à le faire savoir.

Plutôt habituée à organiser sa conférence de presse annuelle dans l’un de ses magasins, Biocoop a opté cette année, non sans une certaine dose d’ironie, pour le Palais Brongniart situé place de la Bourse (Paris 2e). Tout un symbole. Pour l’occasion, la coopérative a dépêché son président, Pierrick De Ronne, mais aussi son nouveau directeur général, Sylvain Ferry, qui a officiellement pris ses fonctions au mois de janvier dernier, en remplacement d’Eric Bourgeois.

Les deux dirigeants de Biocoop ont présenté les résultats pour l’année 2020, qui confortent l’enseigne dans sa position de leader de la bio spécialisée en France. En effet, la coopérative a réalisé un chiffre d’affaires d’1,62 milliard d’euros, soit une croissance de 16,6% (contre 14,9% en 2019), et +9% à parc constant. “Notre part de marché sur la bio spécialisée en France s’élève à 48%, et elle se situe entre 12 et 13% sur l’ensemble du marché bio”, précise le président de Biocoop, Pierrick De Ronne. Pour les dirigeants de l’entreprise, le chiffre d’affaires n’est toutefois pas “un objectif en soi, mais plutôt la concrétisation de notre dynamique”.

Cette dynamique est en partie imputable à sa volonté de se professionnaliser, mais aussi à un modèle qui séduit avec des engagements et des valeurs qui rencontrent leur public, à la fois chez les consommateurs mais aussi chez les porteurs de projet. “Je suis optimiste concernant le projet de Biocoop. Nous sommes dans une démarche de radicalité afin d’être une alternative au modèle dominant”, explique Pierrick De Ronne, président de Biocoop. Du coup, les candidats à l’ouverture de nouveaux magasins aux couleurs de l’enseigne sont nombreux, la coopérative reçoit en effet plus de 1 000 dossiers par an, parmi lesquels une trentaine est retenue chaque année.

80 nouveaux magasins en 2021

Mûe par la stratégie d’installer un magasin Biocoop “à 15 minutes de tous les Français”, l’entreprise a donc procédé à de nombreuses ouvertures en 2020, même si la Covid-19 en a ralenti le rythme. En effet, 60 magasins ont vu le jour sur le territoire, et 80 nouvelles entités viendront renforcer les rangs du distributeur en 2021, avec une surface moyenne de 300 m2. Au total, le distributeur revendique un parc de 700 points de vente.

Après s’être fait rafler l’enseigne Bio C’ Bon par le groupe Carrefour en fin d’année dernière, lui barrant la route à une implantation à vitesse grand V en Île-de-France, Biocoop entend bien malgré tout y étendre son empreinte. Elle prévoit donc une quinzaine de nouveaux magasins Biocoop sur cette zone en 2021. Pour l’heure, il n’est toutefois plus question d’envisager une opération de croissance externe, “mais nous restons tout de même en veille”, note le président de l’enseigne.

Générer 35% de revenus grâce aux produits sous marque Biocoop

Parallèlement à l’expansion de son parc de points de vente, la coopérative va continuer à travailler sur son offre produits. Elle prévoit notamment de gonfler à 530 le nombre de références vendues sous sa marque Biocoop, contre un peu plus de 450 aujourd’hui. L’enseigne veut parvenir à terme, à générer 35% de ses revenus grâce à ces produits, ce qui représenterait, sur la base de son chiffre d’affaires actuel, près de 600 millions d’euros.

Autre chantier, le vrac, qui représente aujourd’hui 34% de son offre et qui devra atteindre 50% d’ici 2025. Enfin, détail qui a son importance, dans le cadre de sa chasse aux produits ultra-transformés, 450 produits sous sa marque ont déjà été passés au peigne fin, avec un travail sur les recettes qui a déjà commencé. Dans ce cadre, le distributeur vise notamment le déploiement d’une gamme complète de charcuteries sans sels nitrités, d’ici mars 2022.

Relocalisation de produits et création d’une branche ‘transformation’

Par ailleurs, fidèle à sa stratégie misant sur le développement du local, Biocoop voudrait atteindre 100% d’origine France, contre 80% aujourd’hui, dont 14% de produits locaux (dans un rayon de 150 km).

En outre, l’enseigne veut être un contributeur actif à la relocalisation en France, d’un certain nombre de produits. Lentilles corail, graines de courges, et cornichons en sont des exemple, mais elle veut aller plus loin en rapatriant les productions de moutarde, de sarrasin, de maïs doux, ou encore de fraises sur le sol hexagonal.

De plus, elle veut encore accentuer ses efforts sur le commerce équitable, point sur lequel l’enseigne se veut déjà en pointe : “tandis que l’on représente moins de 1% de l’alimentaire global en France, notre chiffre d’affaires provenant des produits issus du commerce équitable pèse plus de 20% de ce segment en France”, souligne Sylvain Ferry, directeur général du distributeur. Sa prochaine ambition ? Créer une branche dédiée à la transformation de produits, à condition que les sociétaires adhèrent à l’idée, “nous avons une assemblée générale au mois de juin, nous espérons que les sociétaires vont prendre des engagements plus forts”, confie Pierrick De Ronne.

L’e-commerce, encore embryonnaire

C’est un autre levier d’accélération pour le distributeur : le développement du digital au sein de son activité. Tandis qu’une vague de nouveaux sites marchands à déferlé sur la bio spécialisée en 2020, Biocoop s’est lui aussi doté d’une plateforme de vente en ligne l’année dernière. “L’e-commerce est une grande nouveauté pour nous, rappelle Sylvain Ferry. Nous sommes passés aux débuts de 15 magasins qui proposaient le service de click & collect, à 181 aujourd’hui”. Son objectif : convertir 100% du réseau d’ici 2024.

Toutefois, Biocoop le reconnait bien volontiers, les ventes en ligne sont encore embryonnaires, et n’ont généré qu’un peu plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires. “Ce ne doit pas être qu’un canal de vente, nous devons le travailler pour qu’il soit en phase avec nos valeurs”, précise le directeur général de la coopérative. Pour l’heure, Biocoop peut proposer plus de 5 000 références produits par Internet, chaque magasin étant chargé d’opérer son click & collect, ils proposent en moyenne 2 900 références dont un peu plus de 200 références sur le vrac, qui représente 25% du chiffre d’affaires réalisé par le click & collect. Par ailleurs, il n’est pas exclu à l’avenir, de déployer la livraison à domicile.

Quoi qu’il en soit, pour accroître la part des ventes en ligne dans son activité, Biocoop va devoir tenter de faire sauter quelques freins résiduels, notamment chez certains sociétaires qui sont encore réfractaires à l’e-commerce. Concilier rapidité de déploiement et contingences culturelles, fait partie des défis inhérents au modèle coopératif. Mais, de fait, Biocoop s’inscrit dans un temps long, qui se veut aussi le garant de la satisfaction de l’ensemble des parties prenantes.

François Deschamps