Rétrospective 2020 : Les temps forts de la bio qu’il ne fallait pas manquer

Acquisitions, nominations, ouvertures de magasins, interviews, campagnes de communication… L’année 2020 a été très riche en actualités pour l’univers de la bio, qu’il s’agisse des industriels ou des distributeurs. Nous vous proposons une rétrospective de cette période exceptionnelle, avec quelques unes des actualités les plus marquantes de 2020 du secteur de la bio.

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Sommaire :

DISTRIBUTION

industrie

[RÉSULTATS] En 2019, Biocoop assoit sa position de leader de la distribution bio spécialisée

Article publié le 20 septembre 2020

L’enseigne numéro une de la bio spécialisée en France a publié son rapport d’activité pour l’année 2019. Elle dévoile ainsi un chiffre d’affaires en progression de 14,7%, soit 1,38 milliard d’euros de ventes réalisées par son réseau de magasins. Pour rappel, en 2018, Biocoop avait réalisé 1,21 milliard d’euros de chiffre d’affaires et comptait 560 points de vente, contre plus de 623 magasins au 1er janvier 2020.

Il n’est donc pas à exclure qu’une partie de la croissance de l’entreprise soit liée à un effet mécanique relatif aux ouvertures de magasins. Pour l’entreprise, l’un des éléments qui tire sa fréquentation à la hausse relève notamment de sa politique sur le vrac et l’origine des produits qu’elle commercialise : « avec plus de 370 produits proposés sans emballage ou en grands conditionnements : de l’épicerie bien sûr, mais également du vin, de l’huile, du miel, des produits d’entretien et de la lessive. Autre critère fort, l’origine des produits : 80 % des références sont d’origine France ; 15 % des produits vendus dans les magasins proviennent d’un rayon de 150 kilomètres ».

Aujourd’hui, plus de 6 600 produits composent l’offre Biocoop, tous 100% bio, sélectionnés pour leur qualité et ne voyageant jamais par avion pour limiter au maximum leur empreinte carbone. Les produits alimentaires, qui représentent 80 % des ventes de l’enseigne sont sans OGM, de saison, souvent locaux (15% de l’offre) et se veulent le reflet de la diversité des terroirs français.

Maintenir sa part de marché grâce aux prix, à la vente en ligne et à la transparence

Dans les années à venir, pour continuer à être influent, Biocoop entend maintenir sa part de marché autour de 13 %. « De nouveaux enjeux émergent, qu’il convient de relever sans perdre notre âme et notre niveau d’exigence », indique dans le rapport Pierrick De Ronne, président de Biocoop. « Des acteurs très divers se positionnent aujourd’hui sur ce marché porteur de la bio, vu comme une simple opportunité de business. Cela nous oblige à améliorer nos pratiques de commerçant, à sortir d’un discours axé sur les valeurs, moins audible désormais, à maintenir notre dynamique collective, à investir encore et encore dans le développement de nouvelles filières de production. Et aussi à exiger de notre réseau des résultats tangibles quant à notre empreinte carbone. Nous allons impulser des actions plus visibles sur la question du réchauffement climatique ».

Très concrètement, l’enseigne mise sur les prix, la vente en ligne, et une transparence renforcée. Elle a par exemple instauré des prix maximum autorisés (PMA), impliquant un engagement sur des prix maximum apposés sur une gamme de produits identifiés. « Cela s’est traduit par une baisse des tarifs dans de nombreux magasins et un alignement par rapport à la concurrence. Les efforts de réduction de marge sont partagés entre les fournisseurs, la coopérative et les magasins », précise la coopérative. Par ailleurs, Biocoop a lancé, au mois de février dernier, un site de click & collect sous le nom bio.coop, dont le déploiement à l’ensemble du réseau devrait être effectif d’ici à 2025. Si l’enseigne permet ainsi aux consommateurs de commander en ligne, elle y voit d’abord un complément à la vente physique : le conseil et l’accueil sont des forces que l’enseigne continuera à valoriser.

Une marque propre repensée

En 2019, Biocoop a travaillé à la définition de sa nouvelle marque distributeur, sobrement nommée Biocoop. Cette année, elle est appelée à remplacer les anciens produits commercialisées sous la marque « Ensemble », et génériques. Le distributeur entend ainsi se différencier encore des autres enseignes, en proposant aux consommateurs des produits exclusifs, porteurs des engagements historiques et qui se font le porte-étendard de ses valeurs.

Dans sa volonté d’apporter plus de transparence à ses clients, Biocoop a par ailleurs choisi d’afficher sur le packaging des produits des informations telles que l’origine de la matière première principale, le lieu de fabrication et le travail des paysan.nn.e.s associé.e.s. Plus de 1 500 produits seront ainsi progressivement référencés aux couleurs de Biocoop. Son ambition est claire : augmenter la part du chiffre d’affaires des produits à marque propre de 20% en 2020, à 36% en 2025.

[ACQUISITION] Carrefour met la main sur Bio C’ Bon

Article publié le 05 novembre 2020

Le point d’orgue d’une bataille qui aura duré plusieurs mois, et le début d’une nouvelle ère pour la bio spécialisée en France. Lundi 2 novembre, le tribunal de commerce de Paris, a décidé de confier l’avenir de Bio C’ Bon au groupe Carrefour, plutôt qu’à la coopérative Biocoop, à la famille Zouari ou même à Naturalia, qui avait jeté l’éponge quelques jours avant l’échéance, pour redéposer une offre de dernière minute portant sur une poignée de points de vente Bio C’ Bon.

Le tribunal semble donc avoir favorisé l’offre la mieux-disante, Carrefour ayant en effet proposé un prix de cession de 60 millions d’euros – revalorisé de 20 millions d’euros par rapport à la première offre qu’avait déposé le groupe -, et environ 40 millions d’investissements supplémentaires, soit au total, 100 millions d’euros. Mais aussi la garantie de sauver les quelque 1 000 salariés du distributeur spécialisé, et probablement, d’absorber une partie du passif de Bio C’ Bon qui s’élèverait à près de 200 millions d’euros.

Soumise à l’examen de l’Autorité de la Concurrence dans les prochaines semaines, cette opération a fait l’objet d’une dérogation à l’effet suspensif du contrôle des concentrations. En attendant, les autres candidats à la reprise de Bio C’ Bon voient s’évaporer leur aspiration à reprendre le très convoité distributeur bio, même si de manière unanime, ils ont su faire preuve de fair play à l’annonce de la décision du tribunal de commerce.

Biocoop et la famille Zouari : des messages à l’adresse des équipes de Bio C’ Bon

Si la déception est presque palpable relativement à l’énergie déployée par le président de Biocoop dans cette affaire, Pierrick De Ronne, a néanmoins eu une pensée pour les salariés de l’entreprise. « Nous sommes déçus mais nous y avons cru jusqu’au dernier moment, et n’avons aucun regret, car nous sommes allés au bout de notre proposition », confie le président de Biocoop. « L’offre de Carrefour préservait de nombreux emplois, c’est important, et je leur souhaite plein de belles choses ».

Le numéro un de la bio spécialisée en France, qui convoitait 72 points de vente à Paris pour les transformer en enseignes Biocoop, a néanmoins promis de mettre en place des outils pour accélérer le déploiement de sa présence dans la Capitale, tout en restant attaché à ce qui a fait sa réussite jusqu’à présent. « Biocoop va continuer à défendre son modèle, à jouer son rôle de garde-fou pour une bio porteuse de valeurs et qui a du sens », fait valoir Pierrick De Ronne.

Du côté de la famille Zouari, qui était entrée en négociations exclusives avec Bio C’ Bon dès le mois de juin 2020 avant de voir l’entreprise faire l’objet d’une procédure de cession auprès du tribunal de commerce, la déconvenue a également dû être de taille. Dans un communiqué, le couple Zouari a annoncé « prendre acte de la décision » du tribunal de commerce de Paris, et a également salué la protection des emplois : « Elle (la famille Zouari, ndlr) souhaite de tout cœur que s’ouvre avec elle une nouvelle étape de l’histoire de Bio C’ Bon, d’abord pour ses salariés, en permettant de préserver le plus grand nombre d’emplois, puis en impulsant une nouvelle dynamique de développement pour le Groupe. Elle adresse tous ses vœux de succès et de réussite aux équipes de Carrefour et de Bio c’ Bon dans la mise en œuvre de ce projet ».

Pressenti par le couple Zouari pour prendre la direction générale de Bio C’ Bon en cas de victoire, Gilles Piquet-Pellorce a également congratulé Carrefour dans un post publié sur son compte LinkedIn : « Félicitations aux équipes de Carrefour et So.bio qui sont désormais en charge du redressement de cette belle enseigne. Ce fut une très intense période aux côtés du groupe Zouari. Elle a été riche d’enseignements sur les changements qui s’opèrent et sur les défis qui seront à relever par tous les acteurs de ce secteur ».

Le PDG de Carrefour prend publiquement l’initiative de la parole

La victoire de Carrefour au Tribunal de Commerce, c’est le PDG du groupe en personne, Alexandre Bompard, qui en a fait l’annonce, via un post sur Twitter. Dans une lettre adressée aux collaborateurs de Bio C’ Bon, il a notamment indiqué : « Aujourd’hui, vous rejoignez un magnifique projet auquel j’attache une importance tout particulière : celui de rendre la bio accessible à tous, tous les jours – une ambition immense, qui participe de la raison d’être de notre Groupe : être le leader de la transition alimentaire pour tous, c’est-à-dire d’une alimentation de qualité, saine et respectueuse de l’environnement ».

Très mobilisé sur le sujet, Alexandre Bompard – qui compte parmi ses faits d’armes le rachat de Darty par la Fnac en 2016, alors qu’il était PDG de cette dernière -, a par ailleurs conditionné la réussite de cette reprise à l’implication collective des salariés de Bio C’ Bon, ainsi qu’à leur coopération dans les décisions qui seront prises pour relancer l’entreprise. « La réussite de notre projet en commun repose naturellement sur vous, votre soutien, votre énergie et votre compréhension des nécessaires changements que nous allons opérer ensemble. Aux yeux de nos clients, elle passera au quotidien par votre accueil souriant, votre écoute, et vos conseils en magasins, afin de construire une relation durable et de confiance avec les consommateurs. »

Complémentarité de Bio C’ Bon avec So.bio

Comme l’a indiqué le PDG de Carrefour dans sa lettre envoyée aux employés de Bio C’ Bon : « Aujourd’hui, notre ambition est de conserver le réseau, l’enseigne, les équipes, les convictions de Bio C’ Bon et de combiner ces valeurs à celles de So.bio, qui sont compatibles et complémentaires ». Carrefour veut positionner Bio C’ Bon comme l’enseigne des magasins bio, urbains, premium, de moyen format. Quant à son autre enseigne spécialisée, dont le groupe est propriétaire depuis 2019, So.bio, elle sera celle des magasins de périphérie, avec des surfaces de vente de plus grande taille.

Grâce à l’acquisition de Bio C’ Bon, Carrefour va pouvoir donner un vrai coup d’accélérateur à son développement dans les villes. En un seul coup, le groupe vient de mettre la main sur 107 points de vente, dont une grande partie est installée à Paris, mais a fait l’impasse sur quelques uns dont les loyers étaient trop élevés. A titre d’exemple, selon nos informations, l’un des magasins de l’enseigne installé à Paris paierait un peu plus d’un demi million d’euros de loyer, ce qui laisse pour le moins songeur sur le volume de denrées qu’il faut vendre pour atteindre le seuil de rentabilité du magasin, dont le calcul rappelons-le, repose sur la prise en compte de nombreux autres postes de dépenses.

Carrefour en avait d’ailleurs pris son parti, et dans son premier projet de reprise remis au tribunal, indiquait que les points de ventes souffrant de loyers trop élevés seraient progressivement transformés en Carrefour City. Reste toutefois que cette option devrait être très minoritaire dans les aménagements prévus par le groupe de grande distribution.

Des synergies à venir avec So.bio

Carrefour a donc prévu d’intégrer le distributeur nouvellement acquis à So.bio. Si la nature des relations à venir entre So.bio et Bio C’ Bon est encore floue, quelques éléments ont été dévoilés par le groupe dans son projet de reprise qu’il a remis au tribunal. Ainsi, Carrefour envisagerait de mettre en place des synergies entre BCB et So.bio, prioritairement sur les achats marchands, la négociation des actifs, sur l’évolution des outils informatiques, sur l’activité de l’e-commerce et la recherche d’emplacements commerciaux.

De ces actions, Carrefour veut établir un réseau de magasins reposant sur une offre de produits et de marques distinctes de celle de la GMS, sur un assortiment de produits régionaux et locaux, « signes de l’ancrage de nos magasins et de nos collaborateurs dans leur territoire », le tout, « sur des prix justes et abordables permettant au plus grand nombre de consommer des produits bio ».

Pour piloter l’ensemble du projet, Alexandre Bompard a choisi Benoît Soury, actuel directeur du marché bio au sein du groupe, et Thierry Castillo, le directeur général de So.bio. Benoît Soury est un atout-clé pour Carrefour en raison des multiples réalisations qu’il a déjà mené chez le distributeur, mais aussi pour son évolution dans l’univers de la bio depuis plus de 25 ans. Passé chez Distriborg avant les années 2000, il dispose de réelles connaissance sur la distribution bio spécialisée grâce à ses quelque 15 années passées à la tête de La Vie Claire, le numéro deux de la bio spécialisée en France.

Vers un empire du bio chez Carrefour ?

Bien plus qu’un coup gagnant, l’acquisition de Bio C’ Bon permet à Carrefour d’étendre son emprise sur le bio en France. A l’échelle du groupe, le bio représentait en 2019 un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros, et en France, il était en croissance de 22% – hors So.bio – sur la même période. D’ici 2022, le distributeur s’est fixé comme objectif de générer 4,8 milliards d’euros de revenus grâce au bio.

Les axes de développement de l’entreprise sur le sujet sont multiples : d’abord, elle possède des marques propres fortes distribuées dans tous ses formats de magasins : proxi, hyper, supermarchés et sur son site marchand. Elle veut ainsi commercialiser d’ici la fin de l’année plus de 1 000 produits biologiques sous ses marques propres de Carrefour, essentiellement sous la marque Carrefour Bio, mais aussi Carrefour Baby en bio, ou encore Nectar of Bio pour les cosmétiques.

Ensuite, elle mise sur ses points de vente sous enseigne « Carrefour Bio », dont le nombre a doublé entre 2018 et 2019 pour atteindre 33 magasins à la fin 2019. Et si Carrefour va continuer de développer le bio au sein de son activité GMS, le groupe est désormais à un tournant de son histoire avec la bio grâce à Bio C’ Bon

Déjà dans le top 5 français des spécialistes de la bio

Les velléités de développement de Carrefour sur la bio spécialisée ne datent pas d’hier. En 2016, l’entreprise s’était offerte le pure player Greenweez, dont le chiffre d’affaires atteint près de 43,5 millions d’euros en 2019. Puis So.bio en avril 2019, qui revendique un réseau de 24 magasins spécialisés à ce jour, vise les 60 millions d’euros de ventes pour 2020, et une croissance de 40%.

Dernièrement, à la mi-octobre, Carrefour a racheté la petite enseigne du sud-ouest Bioazur, dont le réseau de 5 magasins présente la particularité d’une implantation complémentaire à celle de So.bio. Un rapide calcul consistant à cumuler le chiffre d’affaires de ces différentes entités, et en intégrant les quelque 150 millions d’euros de ventes générées par Bio C’ Bon en 2018 – dernier CA connu -, situerait le chiffre d’affaires total généré par ces quatre spécialistes entre 250 et 300 millions d’euros.

Autrement dit, de manière hypothétique, si le pôle des spécialistes bio chez Carrefour était une enseigne, elle figurerait déjà dans le top 5 des enseignes bio spécialisées en France, Biocoop, La Vie Claire et Naturalia, composant le trio de tête de ce classement. Peu à peu, Carrefour tisse sa toile sur la bio spécialisée, et dispose désormais d’un atout clé pour s’imposer face aux enseignes bien établies en centre-ville, telles que Naturalia ou La Vie Claire. C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour Carrefour et la bio d’une part, Bio C’ Bon d’autre part, mais aussi l’aune d’une nouvelle ère pour le monde des distributeurs bio spécialisées.

[RÉSULTATS] Naturalia signe une année 2019 en hausse, et renforce ses engagements

Article publié le 11 juin 2020
 
« Une année exceptionnelle ». C’est en ces termes qu’Allon Zeitoun, directeur général de Naturalia, a qualifié l’activité de l’enseigne au cours de l’année 2019, à l’occasion d’une conférence de presse, jeudi 11 juin, consacrée aux résultats de l’entreprise. L’année dernière, Naturalia a réalisé un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros, soit une hausse de 11,7% par rapport à 2018. « C’est une progression deux fois plus importante que le marché de la bio spécialisée. Cela fait trois années de suite que l’on sur-performe le marché, et l’on est probablement l’enseigne bio spécialisée qui performe le plus », indique le directeur général de l’enseigne.
 
Ces résultats, Allon Zeitoun l’attribue à la stratégie suivie par l’enseigne depuis deux ans, celle d’être à la fois commerçante et engagée, ainsi qu’à une implication forte des équipes, notamment en magasins. En 2019, l’enseigne du groupe Casino n’a pas fléchi s’agissant du nombre d’ouvertures de points de vente, avec 21 nouveaux magasins à son actif pour un parc total de 209 boutiques dont 31 en franchises. Un rythme qu’elle prévoit de maintenir en 2020.
 

Un premier bilan des nouveaux concepts de magasins

Le distributeur a franchi un nouveau cap, l’an dernier, avec la diversification de ses formats de vente. Le mois d’avril 2019 a en effet été marqué par l’inauguration, à Brétigny-sur-Orge, d’un nouveau concept péri-urbain : le « Marché Bio ». « Nous tirons un très bon premier bilan de ce concept, à la fois en termes de chiffre d’affaires et d’image », assure le directeur général de l’enseigne. Tant et si bien que son « Marché Bio » a, quasiment dans la foulée, donné naissance à deux nouveaux points de vente sur le même modèle.
 
Naturalia n’entend pas s’arrêter là et nourrit l’ambition d’ouvrir de nouveaux « Marché Bio » en France, à condition de trouver les emplacements disposant de suffisamment de place pour les accueillir. Allon Zeitoun s’est également félicité du succès de ses enseignes Naturalia Origines – dédié aux médecines douces avec des produits naturels et bio -, et Naturalia Vegan qui, comme son nom l’indique, est consacrée à la consommation de produits exempts d’ingrédients d’origine animale.
 
Ces concepts, qui ont connu l’an passé une progression d’activité autour de 20%, ont aussi valeur de laboratoires, puisque les produits qui y fonctionnent le mieux, peuvent par la suite être référencés dans le concepts plus ‘traditionnels’ de l’enseigne.
 

La montée en puissance du digital

Il s’agit là d’un point commun avec la quasi-totalité des spécialistes du bio en France, depuis Les Comptoirs de la Bio en passant par Biocoop ou encore naturéO. Naturalia a en effet multiplié les efforts en direction de la digitalisation de son offre. Désormais, 40 de ses magasins proposent le click&collect via le site Naturalia.fr, et son ambition est d’accroître rapidement ce chiffre jusqu’à 60 points de vente.
 
La livraison à domicile à J+1 a également connu une envolée en Île-de France (+36%), et le distributeur prévoit de l’accélérer en régions. Enfin, il s’est adjoint les services d’Amazon Prime Now, via un partenariat signé en août 2019 au détriment de son rival Bio c’ Bon, afin de livrer ses clients parisiens en 2 heures.
 
Résultat, les ventes de l’enseigne réalisées par le Web ont fait un bond de 24% l’an passé par rapport à 2018. Une performance qui ne permet toutefois pas d’apprécier le poids de l’e-commerce dans l’ensemble du chiffre d’affaires du distributeur. Il se garde d’ailleurs d’en communiquer le montant précis, se contentant d’indiquer que celui-ci représente « quelques pourcents », et nourrit la volonté de les multiplier en 2020.
 

Développement de la marque propre et arrivée des « Essentiels »

L’offre produits a également fait l’objet d’innovations, avec l’arrivée de 1 600 nouvelles références en 2019, sur un total de 8 500 produits. La MDD Naturalia est passée de 150 à 250 références. A titre de comparaison, Les Comptoirs de la Bio en comptent aujourd’hui un peu plus de 400, et Biocoop un peu plus de 800. Aussi, l’offre en vrac a été musclée, passant de 140 références à 200, « le sans emballage est un point important de nos engagements».
 
Par ailleurs, l’enseigne va mettre en avant dans ses magasins une sélection de produits, baptisée « Les Essentiels ». Au total, quelque 150 références – sélectionnés parmi l’offre existante – ayant la particularité de présenter un bon rapport qualité/prix. Une initiative qui intervient à l’aube d’une crise économique annoncée en France, qui pourrait avoir des effets sur le pouvoir d’achat des Français.
 
Plus généralement sur l’offre, la philosophie de l’enseigne repose sur la valorisation du local, ou plus largement, des produits français. De ce fait, elle revendique un taux de fournisseurs français proche de 90%. Ce travail autour d’une offre française et locale lui permet notamment de proposer 30% de fruits et légumes dont la provenance est située dans un rayon de 150 km autour de ses entrepôts. « C’est devenu un marqueur de l’offre Naturalia que nous allons continuer d’accentuer », explique Allon Zeitoun, qui a donc à cœur de monter en puissance sur l’engagement de l’enseigne dans cette voie.
 

Renforcer ses engagements

Pour insister encore davantage sur son caractère engagée, Naturalia compte cette année modifier ses statuts d’entreprise. « Nous avons décidé d’intégrer notre raison d’être, à savoir ‘donner la liberté de faire du bien aux hommes et à la nature’, au sein de nos statuts, pour en faire quelque chose d’immuable. Au-delà d’être une entreprise et d’avoir une responsabilité de chiffre d’affaires et de résultat, nous avons cette raison d’être qui nous porte tous », souligne Allon Zeitoun.
 
Concrètement, cela se traduit aussi par son engagement dans un processus de certification B Corp, avec l’ambition d’être la première entreprise de distribution alimentaire certifiée par ce label en France. D’ici là, elle a initié plusieurs projets inscrits dans cette démarche. Pêle-mêle, la mise en place du bilan carbone de l’entreprise – en intégrant le bilan carbone des produits -, un soutien à l’application mobile Greenly, qui permet de calculer l’empreinte carbone d’un panier de produits, ou encore la mise en place d’un accord de mobilité durable avec ses collaborateurs.
 
Plus que jamais, Naturalia semble déterminée à jouer la carte de la distribution non seulement biologique et spécialisée, mais aussi, engagée d’une démarche de cohérence plus globale avec des exigences plus élevées en terme de RSE.

[RÉSULTATS] La Vie Claire maintient un bon rythme de progression

Article publié le 02 juillet 2020
 
La Vie Claire maintient son cap. L’enseigne a annoncé un chiffre d’affaires de 330 millions d’euros en 2019, soit une croissance de 12% par rapport à l’année précédente. C’est strico sensu le même rythme de progression que celui enregistré en 2018, année au cours de laquelle le distributeur avait réalisé un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros. La Vie Claire a ainsi une courte avance sur l’enseigne Naturalia, dont les chiffres, officialisés il y a un peu plus de deux semaines, ont fait état de 320 millions d’euros de ventes en 2019, pour une croissance de 11,7%.
 
A fin décembre 2018, l’enseigne comptait 353 points de vente au sein de son réseau (dont 105 intégrés). Au cours de l’année 2019, La Vie Claire a continué d’étendre son parc de magasins avec l’ouverture de 45 nouveaux points de vente, pour compter en fin d’année, un total de 366 magasins – dont 123 intégrés. Depuis début 2020, le distributeur en a ouvert 3 nouveaux, soit un parc total de 370 points de vente, au 1er juillet 2020. Parallèlement, La Vie Claire a lancé de nouveaux produits sous sa marque propre, déjà riche de 1900 références fin 2018 sur un total de 6 000 références. Elle en compte désormais 1980.

[INTERVIEW] Benoît Soury, directeur marché bio : Etat des lieux de la bio chez Carrefour

Interview publiée le 28 mai 2020

Acteur majeur de la distribution de produits biologiques en France, Carrefour ambitionne d’ici deux ans, de générer 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires grâce au bio, à l’échelle du groupe. Face à la crise sanitaire, l’entreprise a vu son activité sur le bio progresser encore plus vite qu’à l’accoutumée. Benoît Soury, le directeur Marché Bio chez Carrefour, en charge du développement du bio pour l’entreprise, a accepté de nous expliquer comment le groupe a traversé la tempête, et avec quels résultats. Marques propres, réseau de magasins spécialisés, développement des filières… il nous en dit (aussi) un peu plus sur les objectifs de l’enteprise pour la suite de l’année 2020. Interview.

Comment s’est comportée l’activité de Carrefour sur le bio au cours du premier trimestre de 2020 ?

Benoît Soury : Les chiffres que nous avons publié montrent que la dynamique de croissance de nos activités sur le bio déjà enregistrée en 2019, s’est poursuivie au cours du premier trimestre 2020. Sur cette période, la croissance de nos activités en bio est au-delà de 30% contre 28% en 2019.
 

Cette croissance à l’échelle du groupe est-elle similaire en France ?

B.S : Oui, les tendances sont très alignées à l’échelle française puisque la France représente une part importante de notre activité.
 

Quel impact la période de confinement a-t-elle eu sur l’activité du bio chez Carrefour ?

B.S : Différentes études le confirment, il y a eu une augmentation de la consommation sur les produits biologiques durant les mois de mars et d’avril. Il y a deux raisons à cela. D’abord, un certain nombre de rayons ont connu des ruptures sur certains produits de base tels que la farine et les pâtes. Certains consommateurs se sont donc reportés sur le rayon bio, où ils avaient moins l’habitude d’aller. Puis, au 17 mars, malgré la mise en place du confinement, la croissance du bio est restée très solide, pratiquement alignée avec nos chiffres du début d’année. Le seul bémol a été le taux de service. En effet, face à cette augmentation de la demande sur un certain nombre de produits basiques, alimentaires, mais aussi des produits d’entretien ou de nettoyage, certains industriels n’avaient pas anticipé un tel engouement.
 

Comment expliquez-vous que le bio ait continué sa progression chez Carrefour en dépit d’un taux de rupture plus important ?

B.S : D’abord, la consommation de produits biologiques est une réalité de plus en plus ancrée dans la consommation. Nous le voyons sur le nombre de consommateurs, de plus en plus nombreux chaque année à se tourner vers le bio, mais aussi par une augmentation du panier moyen bio de ceux qui en consommaient déjà auparavant. Ensuite, dans une période où l’on parle de risques sanitaires, les signes incontestables de qualité que constituent le logo ‘AB’, ou européen, sont des éléments de réassurance pour les Français. Troisième élément, chez Carrefour, nous avons un tropisme très fort, à proposer des produits bio d’origine française, ou pour lesquels la transformation est réalisée en France.
 

Parmi vos différents formats de magasins, quels sont ceux qui ont plus particulièrement contribué à la croissance du bio à l’échelle de l’entreprise ?

B.S : Avec la mise en place du confinement et les restrictions de circulation, les formats de proximité et les supermarchés ont été plus particulièrement plébiscités des consommateurs . Le bio a donc suivi la même tendance. Résultat, les paniers moyens, incluant le bio, ont décuplé en supermarchés et dans les magasins de proximité, mais également sur le canal digital. En effet, tous les formats digitaux depuis ‘Carrefour livrés chez vous’, en passant par ‘Carrefour.fr’ ont doublé leur activité en quelques semaines. 
 

Le pure player Greenweez, dont Carrefour est propriétaire, également ?

B.S : Greenweez aussi, avec néanmoins des contraintes sur la disponibilité de créneaux pour les livraisons à domicile, qui ont contribué à limiter notre capacité à répondre à toutes les demandes des consommateurs. Néanmoins, il faut rappeler que parallèlement, nous avons développé des services particuliers d’accueil pour le monde de la santé, avec des créneaux d’ouvertures dédiés, et nous avons été très vigilants à l’ensemble de la déclinaison des éléments permettant de respecter les gestes barrières. Nous avons la chance d’être un groupe d’envergure mondiale, donc les signes avant-coureurs du Covid-19 à Taïwan, puis en Italie, puis en France, puis en Espagne et maintenant au Brésil, nous ont permis de mettre en œuvre une organisation et faire converger les forces du Groupe pour travailler à la sécurité des collaborateurs et des clients.
 

Quels produits bio ont été les plus plébiscités ?

B.S : Nous avons constaté une hausse de la consommation de PGC, surtout des produits secs, car il s’agit de produits que les consommateurs peuvent stocker plus facilement. Les produits frais ont aussi connu une croissance d’activité, mais dans une moindre mesure. Nos ventes de fruits et légumes ont également progressé. Si le choix de privilégier une offre française a eu un effet sur les prix, il était moins perceptible sur le bio car nous avions déjà une très forte propension à y développer l’origine France, exception faite des agrumes et des fruits exotiques qui ne sont pas produits dans l’Hexagone.
 

Qu’en est-il des ventes en vrac ?

B.S : Nous avons vu quelques stagnations sur le vrac. Il y a trois raisons à cela. La première relevait de l’indisponibilité de matières auprès des fournisseurs, relative à l’accroissement très important des ventes. Aussi, les volumes en stocks et les passages des merchandisers pour le remplissage n’étaient certainement pas suffisants. La deuxième, c’est que la consommation s’est plutôt concentrée sur certains types de produits comme la farine et les pâtes, et un peu moins sur des produits de type fruits secs, très vendus en vrac. Enfin, nous avons senti qu’il y avait une appréhension des consommateurs relative à un risque de Covid sur des produits non conditionnés, même si la plupart d’entre eux sont destinés à être cuisinés. Mais avec l’habitude, les gestes barrières et la présence des masques, ils se sont de nouveau tournés vers les produits en vrac.
 

Comment votre marque propre ‘Carrefour Bio’ s’est-elle comportée par rapport aux marques nationales ?

B.S : Dans un premier temps, le mois de mars a plutôt été bénéfique à la marque Carrefour Bio, en volume, par rapport aux marques nationales. Puis, au mois d’avril, nous avons observé un rééquilibrage avec les marques nationales. Et depuis début mai, avec la reconstitution des stocks de produits en marque propre, il y a globalement un meilleur équilibre entre notre marque propre et les marques nationales.
 

Avez-vous rencontré des difficultés d’approvisionnements sur vos marques propres ?

B.S : C’est assez diffus. Par exemple, certains producteurs dits mixtes confectionnent des pâtes alimentaires en bio et en non bio. Or, l’attente sur les produits non bio a été tellement forte que l’on a vu des industriels réduire le nombre de références disponibles pour faciliter la production de pâtes, et se concentrer sur le non bio. Toutefois, c’est un problème qui a été résolu assez rapidement. Au global, et ça vaut chez Carrefour, les études ont confirmé la très forte accélération des MDD au mois de mars, la bonne tenue en avril et un bon redémarrage au mois de mai. In fine, la MDD va gagner en poids.
 

La crise sanitaire a-t-elle bousculé les différents chantiers engagés autour du bio, à commencer par l’objectif d’un millier de produits en MDD d’ici fin 2020 ?

B.S : Ça ne va rien changer. Nous confirmons nos ambitions, et aurons avant la fin de l’année 2020, plus de 1 000 produits biologiques sous les marques propres de Carrefour, essentiellement sous la marque Carrefour Bio, mais aussi Carrefour Baby en bio, ou encore Nectar of Bio pour les cosmétiques où là aussi, le rythme de lancement est tout à fait tenu. De la même manière, nous confirmons les engagements de développer l’origine France. A ce propos, nous venons d’ailleurs de lancer une gamme de charcuteries de porcs bio 100% d’origine France. Nous sommes les seuls de la grande distribution à le faire sous une MDD. Des lancements vont suivre sur des pâtes alimentaires confectionnées avec de la semoule de blé française et une transformation faite en France. On ne lâche rien.
 

Où en êtes-vous du développement des magasins sous enseignes Carrefour Bio et So.bio ?

B.S : C’est la même chose que pour les autres projets, leur développement est maintenu. Entre 2018 et 2019, nous avons doublé le nombre de points de vente sous enseigne Carrefour bio. Nous pouvons avoir quelques retards, de l’ordre de 3 à 4 semaines, car l’univers du bâtiment a subi un coup de frein pendant le confinement, mais nous allons continuer à évoluer. Sur les magasins Carrefour Bio, nous avons décidé d’accélérer notre présence à l’étranger en créant un magasin en Belgique, quatre en Espagne, et venons d’en créer un en Roumanie. Quant à So.bio, lors de l’acquisition de l’enseigne, il y avait 8 points de vente, nous en avons désormais 14. Nous atteindrons 25 magasins d’ici la fin de l’année.
 

D’une manière plus générale, de nombreux acteurs ont loué la capacité de résilience de l’univers de la bio pendant la crise sanitaire. Partagez-vous ce point de vue ? Et d’autre part, pensez-vous que les changements de consommation sont amenés à durer ?

B.S : Très clairement, je n’ai aucune inquiétude sur la pérennité de la performance, sur la croissance et la résilience du bio. Les consommateurs qui ont fait le choix de consommer bio, et en particulier ceux qui sont un peu engagés et consomment bio au moins une fois par semaine, ne feront pas de concession sur ce point.
 

Une partie des Français pourrait tout de même être financièrement impactée par cette crise…

B.S : Bien évidemment, il y aura un impact. Néanmoins, pour une partie des consommateurs français, le bio fait partie de leurs habitudes. Et lorsqu’on a fait le choix d’acheter des fruits et légumes bio, du fromage bio, des œufs bio ou encore des pâtes bio, retourner dans une consommation de produits plus conventionnels, est un choix de dernier recours. Aussi, chez Carrefour nous parlons de ‘transition alimentaire pour tous’. Notre combat c’est donc aussi de travailler sur la compétitivité, donc sur les prix. Or, le magazine 60 millions de consommateurs a montré que la différence d’un panier moyen à articles strictement identiques entre la grande distribution, dont carrefour, et les leaders de la distribution spécialisée est d’environ 35%. Nous sommes convaincus que le combat de l’accessibilité est majeur, y compris dans une période où le pouvoir d’achat sera forcément un peu contraint. En résumé, entre le non renoncement au bio des consommateurs, que l’on a déjà pu constater lors de la crise de 2008, notre travail d’accessibilité sur les prix, et enfin la multiplication des points de contacts avec nos consommateurs sur le bio, nous pensons être correctement armés pour être capable de répondre à la demande des consommateurs. Donc l’optimisme sur la poursuite de la tendance, me semble raisonnable.

Ouverture du premier magasin Casino 100% Bio

Article publié le 09 janvier 2020
 
C’est le premier magasin 100% bio sous enseigne Casino, et il servira notamment à présenter en avant-première toutes les nouveautés de l’entreprise en matière de Bio. A Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, le groupe a discrètement ouvert à la mi-décembre un point de vente sous enseigne Casino #Bio. Il vient en remplacement d’un magasin précédemment exploité sous enseigne Casino Shop, et s’étend sur une superficie de 216 m².
 
Il est ouvert 7 jours sur 7 de 8h le matin jusqu’à minuit et le dimanche à partir de 13h jusqu’à minuit également. Pour ce nouveau concept, développé par les équipes de la branche Casino Proximité, le groupe a voulu un merchandising « à l’esprit naturel et chaleureux », ce qui implique ici le recours à des matériaux tels que le bois et la pierre blanche. Le point de vente est par ailleurs très végétalisé, sur le plafond du présentoir de fruits et légumes notamment, ou encore sur les têtes de gondoles.
 

Les MDD Casino à l’honneur

La philosophie qui a guidé la création de ce magasin est résumée en ces termes par le groupe Casino : « Le Bio pour tous ». Le point de vente propose 4 400 références et capitalise clairement sur la MDD Casino Bio – qui a fêté ses 20 ans d’existence l’an passé -, avec 700 références sous la marque propre de l’enseigne. En outre, 150 références de la marque Leader Price Bio compose l’assortiment du magasin.
« Notre objectif au travers de ce magasin est de montrer toute l’expertise de Casino en matière de bio ».
 
Les marques nationales ne sont pas en reste puisque figurent notamment dans l’offre, des incontournables comme Labeyrie, Fleury Michon, Céréal, Herta, Coeur de Lion, Barilla, Panzani ou encore Lactel. Casino#Bio a par ailleurs vocation à couvrir chaque besoin du quotidien.
 
Ainsi, les clients ont accès à la plupart des produits d’épicerie de base, mais aussi des produits frais, (boucherie, volaille, marée libre service, fruits et légumes, charcuterie traiteur, fromages et boulangerie – pâtisserie), des produits surgelés, du DPH, des boissons et, 70 références en vrac. Enfin, 30 références non alimentaires de la gamme « Sincère by Casino » (vaisselle, linge de toilettes, vêtements en coton bio…) sont également présentes en rayons.
 

Du pain bio cuit toute la journée et un espace de troc

Pour son concept de magasin de proximité 100% bio, le groupe a voulu un point de vente animé tout au long de la journée. Ainsi, un espace permet aux clients de déposer gratuitement un article de petit électroménager, et en échange, de se servir (ou pas) parmi les autres objets laissés là par d’autres clients. « L’idée est de permettre à nos clients de bénéficier d’un échange ou de satisfaire d’autres clients qui en auraient l’utilité sur la base du troc. Cela s’inscrit aussi dans l’esprit anti gaspillage que nous souhaitons mettre en avant ».
 
Le magasin prévoit par ailleurs des animations et des dégustations permanentes ainsi qu’un lieu d’échange avec les producteurs locaux, mais aussi du pain bio cuit toute la journée, une machine à jus d’orange frais Bio, un distributeur à soupe chaude bio, des distributeurs d’huile et de vinaigre bio.
 

Pas de déploiement plus large à court terme

Pour l’heure, le concept Casino #Bio n’a pas vocation à être décliné ou déployé dans d’autres villes en France. C’est du moins ce qu’indique le groupe, qui met tout de même le paquet sur le bio, dont le poids dans le chiffre d’affaires global représentait près d’un milliard d’euros en 2018. Néanmoins, à considérer que le magasin d’Issy-les-Moulineaux ait valeur de test, et qu’il s’avère concluant, il y aurait fort à parier qu’il donne naissance à des petits. A condition bien sûr d’identifier les zones d’implantation les plus appropriées et de ne pas multiplier la concurrence frontale avec les autres enseignes du groupe où le bio tient une place importante comme Monoprix, mais aussi sa filiale Naturalia.

Comment Intermarché intègre le bio dans sa démarche en faveur du « Mieux Manger »

Article publié le 22 octobre 2020

Relativement discrète sur ses performances en matière de bio, l’enseigne Intermarché n’en est pas moins très à l’initiative sur le sujet. Il y a déjà plus d’un an, l’entreprise a entrepris d’accélérer sa stratégie axée autour du « Mieux manger » avec le développement de produits plus responsables, s’agissant à la fois du contenu et des contenants. Cette feuille de route prévoit l’amélioration de plus de 6 500 produits de son offre MDD, d’ici 5 ans.

Elle se concentre notamment sur l’origine France des matières premières, l’amélioration des recettes (retrait des substances controversées et améliorations nutritionnelles), la diminution des emballages, le respect de l’animal, l’anti gaspillage alimentaire, le soutien au monde agricole français avec une meilleure rémunération des éleveurs, l’agriculture raisonnée (Bio, ZRP, HVE, Conversion Bio), le développement des emballages recyclables et recyclés ou encore le remplacement du plastique par du carton, lorsque cela est possible.

Dans ce cadre, la bio a toute sa place : « La bio est naturellement au cœur de notre stratégie d’enseigne pour rendre le mieux manger accessible au plus grand nombre », confie l’enseigne. « Et en tant que distributeur généraliste de la bio, l’enseigne s’adresse à deux typologies de consommateurs, les avertis et les nouveaux, qui n’ont pas les mêmes attentes. Nous construisons nos gammes pour satisfaire ces deux profils. C’est pourquoi, nous développons, chaque année, plus de 100 nouvelles références à nos marques propres ».

Le bio en croissance de 20%, 700 références de MDD bio

L’enseigne revendique une croissance supérieure à celle du marché bio en France. En effet, la hausse de ventes de produits de bio chez Intermarché se situe à 20% (CAM à P9 2020) quand le marché se situe plutôt autour de 15%. De plus, le distributeur affirme avoir gagné 0,6 point de part de marché par rapport à l’année dernière sur le périmètre englobant les hyper et supermarchés, la proxi, le drive et SDMP, pour atteindre au total et en valeur, 13,8%.

Dans l’assortiment de l’enseigne, les produits biologiques représentent 4 500 références, autrement dit 25% de l’offre nationale, dont plus de 700 références bio à marques propres. Aussi, l’enseigne revendique 30 % de son assortiment bio total comme étant régional ou local, c’est-à-dire obtenu via les centrales régionales, c’est-à-dire obtenu via les centrales régionales.

Des contrats longs avec ses partenaires

A titre d’exemple, en 2019, Intermarché a lancé sous sa marque ‘Pommette’, une gamme 100 % bio pour l’alimentation infantile, et plus récemment, des cotons bio non-blanchis. « Pour chaque nouveau projet, nous essayons de développer des partenariats, de proposer des contractualisations longues ou encore de créer des filières afin d’assurer stabilité et pérennité aux producteurs. Notre statut unique de producteur et commerçant nous y aide beaucoup. Cette intégration nous met en prise directe avec le milieu agricole », précise l’entreprise. 

Pour les matières premières utilisées dans les unités de production d’Agromousquetaires, le groupe contractualise, parfois sur plusieurs années, comme c’est le cas sur la farine utilisée pour fabriquer ses pains. Il y a aussi des partenariats ou des contractualisations sur le porc, le loup de mer, le lait, certains légumes et fruits, le bœuf et la volaille. Il existe aussi un « Club Privilège PME » composé de 12 PME industrielles, qui sont partenaires y compris en bio. L’enseigne assure par ailleurs que toutes ses unités pouvant produire des produits biologiques sont certifiées bio, et sur les 700 articles biologiques sous marques propres, 160 sont issus de ses sites. Son ambition : accroître ce chiffre jusqu’à 200 rapidement.

Qui est Sylvain Ferry, le nouveau directeur général de Biocoop ?

Article publié le 05 novembre

La coopérative Biocoop a annoncé, mercredi 04 novembre, la nomination d’un nouveau directeur général : Sylvain Ferry. Ce dernier remplace Eric Bourgeois, nommé DG de l’enseigne en octobre 2019, pour une durée initialement prévue de 9 mois. Il y sera finalement resté un peu plus d’un an. « Ces douze derniers mois, sous l’impulsion d’Éric Bourgeois, la coopérative Biocoop a évolué en profondeur et est plus que jamais en capacité de nourrir et d’accompagner le projet de ses sociétaires », a précisé Biocoop dans un communiqué.

Le nouveau directeur général, Sylvain Ferry, comme Eric Bourgeois avant lui, est un pur produit de la grande distribution, et plus précisément de Carrefour. Diplômé de l’école nationale des Ingénieurs des Techniques des Industries agricoles et alimentaires (ENITIAA) de Nantes, Sylvain Ferry a passé 23 années – et 10 mois, selon sa fiche LinkedIn – au sein du groupe Carrefour, après un passage éclair chez l’industriel Doux. Arrivé en 1997 chez Carrefour, Sylvain Ferry a occupé des postes relatifs aux MDD volaille et boucherie, du frais, avant de passer directeur de marché FLS et directeur des achats de produits FLS en 2005. En 2008, il devient directeur de secteur pour les produits de grande consommation et trois ans plus tard, il prend la direction opérationnelle des hypermarchés Carrefour pour l’Île-de-France. En 2016, Sylvain Ferry prend en charge les marchandises PGC, puis devient directeur marques nationales et s’occupe de la définition et de la mise en place de stratégies de négociations européennes en alimentaire. Son dernier poste pour le distributeur est celui de directeur marque internationale alimentaire et non alimentaire. Son parcours se distingue par son caractère linéaire, et pour ainsi dire, sans fautes.

Le nouveau directeur général prendra ses fonctions chez Biocoop en début d’année 2021. Selon Biocoop, il a toujours été passionné par les sciences du vivant, l’alimentation, son impact sur la santé et l’environnement. « Son arrivée chez Biocoop constitue un véritable choix personnel en rupture avec cette première vie professionnelle. Il a choisi de quitter la grande distribution et de s’inscrire durablement dans un projet riche de sens pour lui », souligne la coopérative. Biocoop n’a pas détaillé sa feuille de route, le temps de le laisser prendre ses fonctions dans lesquelles Eric Bourgeois devrait l’accompagner. L’entreprise note néanmoins que Sylvain Ferry et le conseil d’administration, « auront cœur d’amplifier la dynamique engagée, pour permettre à Biocoop de renforcer la singularité et l’authenticité de son projet, dans l’esprit coopératif qui l’a toujours animé ».

[STRATÉGIE] La recette gagnante de Le Grand Panier Bio

Article publié le 17 décembre 2020

Une ascension discrète, mais très assurée. Le Grand Panier Bio, enseigne indépendante, à l’origine clermontoise qui a essaimé des petits un peu partout en France, s’apprête à boucler l’année 2020 sur une progression de son chiffre d’affaires de 30% à périmètre courant (18% à périmètre constant), et un chiffre d’affaires total de 26 millions d’euros.

A son actif, l’enseigne compte 19 magasins spécialisés dont deux intégrés et 17 franchisés, dont les rangs ont été gonflés de 5 nouveaux venus en 2020 en dépit du coup de frein imposé par la crise de la Covid-19. Aujourd’hui, Le Grand Panier Bio peut revendiquer un maillage très large, voir éclaté, du territoire. Elle est en effet présente dans des villes comme Toulouse, Clermont-Ferrand, Limoges, Lyon, Oléron, Noisy-le-Grand ou encore Bourg-en-Bresse.

Près de 30 magasins d’ici fin 2021

Pleinement engagé dans une extension raisonnée, et raisonnable, de magasins sous enseigne Le grand Panier Bio, son président Bertrand Pérot, s’est fixé comme objectif d’atteindre la trentaine de points de vente à fin 2021. “Notre volonté est de continuer à nous développer sous forme de franchise. Pour cela, nous avons une approche guidée par les opportunités, le profil des candidats et le feeling que l’on a avec eux, et toujours l’exigence de faire de la qualité avant du volume”. Une philosophie qui, jusqu’à présent, réussit bien à l’enseigne. Elle s’est notamment payée le luxe de figurer en deuxième place du classement 2020 du magazine Capital, portant sur les meilleures enseignes de magasins bio en France. Et ce, juste devant le leader des spécialistes bio : Biocoop. Excusez du peu.

Un concept abouti de magasins

Ce succès elle le doit à sa quête perpétuelle de la satisfaction client, qu’elle a décidé de placer au cœur de son concept. “Notre concept de magasin est l’aboutissement de 10 ans de travail, et nous continuons de le faire évoluer. Nos magasins sont beaux, très qualitatifs, et les gens s’y sentent bien, c’est important”, confie Bertrand Pérot.

Pour cet ancien golfeur professionnel qui a repris l’affaire familiale en 2006, et lancé la franchise en 2009, c’est un défi quotidien, mais il le reconnait volontiers, “la compétition, ce doit être dans mes gênes”, et utilisé dans le cadre du commerce, c’est une fibre que l’on sait très utile. Pour séduire et fidéliser ses clients, Le Grand Panier Bio revendique une dynamique commerciale forte, à coup de promos et par un recours efficient à sa carte de fidélité. L’enseigne mise aussi sur un assortiment large de produits qui, selon la taille du magasin, peut s’étendre entre 7 000 et 14 000 références.

Une marque propre de 40 références en épicerie

Aussi, l’an passé, l’entreprise a complètement remodelé son enseigne et a lancé sa marque propre : “Les délices de Clarisse”, comme un clin d’oeil au prénom de la plus jeune de ses deux filles. La marque compte déjà près de 40 références, essentiellement des produits d’épicerie, du quotidien, mais n’entend pas pour autant en faire un axe majeur de développement. Pour concevoir cette marque, la société s’est appliquée à collaborer en priorité avec des petites entreprises, qui présentent un savoir-faire artisanal. “Clarisse”, c’est aussi le nom de la mascotte de l’enseigne, dont l’avatar est utilisé sur la signalétique en magasin pour signaler les univers de produits ou encore expliquer le fonctionnement de la carte de fidélité et les avantages qu’elle procure.

Précurseur sur le drive

Convaincu qu’il faut vivre avec son temps, le président de Le Grand Panier Bio a initié cette année la refonte de la plateforme Web de l’enseigne, en mettant en avant un atout clé : ses drives. Les drives ont été mis en place il y a deux ans déjà, et sont le fruit d’un an et demi de travail. Mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’un énième format de click-and-collect mal nommé drive, mais bel et bien d’un espace dédié à l’extérieur du magasin, adossé à une logique de picking in-store pour constituer les commandes des clients.

A l’instar de nombreux distributeurs, l’activité e-marchande de l’entreprise à travers ses drives, a connu un vrai coup d’accélérateur au cours du 1er confinement, au printemps dernier. “Nous sommes passés de 10 commandes à plus de 100 commandes par jour, il a fallu réagir et s’adapter très vite”, racontre Bertrand Pérot. Seul (petit) bémol, tous les points de vente de l’enseigne n’en sont pas équipés. Uniquement ceux dont la taille le permet, soit 11 magasins sur les 19 que compte l’entreprise. Mais désormais, chaque nouveau magasin qui ouvre ses portes est équipé d’un drive.

En outre, l’enseigne vient de déployer la livraison à domicile auprès de 6 de ses magasins, pour coller encore davantage aux attentes de ses clients. Si pour l’heure, l’activité Web ne pèse pas lourd dans le chiffre d’affaires global de l’entreprise, dans certains magasins, comme celui installé à Clermont-Ferrand, elle peut tout de même atteindre jusqu’à 10%. “Mais c’est exceptionnel, et lié au contexte du Covid-19”, reconnait Bertrand Pérot. Il sait néanmoins que c’est une tendance qui va continuer à prendre de l’ampleur, et entend donc bien, ne pas louper le coche. Les distributeurs bio spécialisés en pointe sur le sujet forment un club très restreint, dont le nombre de membres peut se compter sur les doigts de la main. Et sur ce point précis du digital, c’est une marque de différenciation forte, qui permet de garder une longueur d’avance sur les enseignes concurrentes.

[CONSO] Les marques propres 100% bio de neuf distributeurs passés à la loupe

Le magazine de la consommation, 60 millions de consommateurs, s’est penché sur les produits 100% bio vendus en marques propres par neuf distributeurs différents : Auchan, Carrefour, Naturalia, Biocoop, Intermarché, Système U, E.Leclerc, La vie Claire, et Lidl. Le magazine a constitué un panier composé de six produits dont des pommes de terre, des lentilles, des pommes, du jus d’orange, de la farine de blé, et du beurre doux. Pour chacun d’entre eux, une recherche a été réalisée sur un large spectre de pesticides, de PCB, dioxynes et furanes, mais aussi de mycotoxines, et de 4 métaux lourds (cadmium, plomb, mercure et arsenic).
 

Pas ou peu de pesticides

D’une manière générale, s’agissant des résidus de pesticides chimiques, les neuf paniers testés en sont exempts, à l’exception de deux produits. « D’abord, les bons élèves : quelle que soit la marque, les jus d’orange, farines de blé, pommes et lentilles vertes ne contiennent aucune trace. Les résultats sont plus mitigés pour les pommes de terre et, surtout, les beurres », relève le magazine. Sur les pommes de terre de Lidl – les huit autres références sont irréprochables sur ce critère – les analyses ont détecté une quantité infinitésimale d’imazalile, un fongicide fréquemment utilisé sur les tubercules. S’agissant des beurres, « la majorité du panel est contaminée par le 2-phénylphénol. Potentiellement nocive pour la santé et pour l’environnement – en cas de fortes expositions – cette substance sert de fongicide et de cire de protection sur les agrumes conventionnels… ». Sa présence, en très faibles quantités pourrait être expliquée par son usage sur des machines de traite, dans ce cas mal rincées.
 

Du cadmium dans les pommes de terre

Concernant les métaux lourds, toutes les références de pommes de terre biologiques, à l’exception de celles de Carrefour, contiennent des traces de cadmium, dans des doses ne dépassant pas la limite réglementaire. Du côté des lentilles, du plomb a été détecté dans quatre produits, mais dans des teneurs inférieures au seuil règlementaire. S’agissant de la farine, les tests menés par le magazine ont révélé peu voir pas de mycotoxines (produites par des moisissures, notamment lors du stockage des céréales humides). Cinq références en contiennent, mais là aussi, à des teneurs très en deçà des seuils règlementaires.
 
Enfin, les tests portant sur l’analyse de présence de dioxynes et de polychlorobiphényles (PCB) ont révélé des traces dans l’ensemble des beurres doux testés. « Cette contamination est très faible » relève toutefois le magazine, qui témoigne par ailleurs de sa satisfaction pour le beurre doux de l’enseigne Lidl, « dont les traces sont particulièrement ténues ».

[ACQUISITION] Carrefour s’offre l’enseigne spécialisée Bioazur

Article publié le 15 octobre

C’est une annonce que personne n’attendait. Tandis que le groupe Carrefour était pleinement engagé dans le processus visant à mettre la main sur le distributeur Bio C’ Bon, il s’est offert au passage l’enseigne installée dans le sud-ouest : Bioazur.

Disposant d’un réseau de 5 magasins situés à Albi, Castres, Rodez, Gaillac et Revel, Bioazur va venir gonfler les rangs des 22 magasins de l’enseigne So.Bio, filiale composée de spécialistes de la bio du groupe Carrefour. « La parfaite complémentarité des enseignes So.bio et Bioazur, en termes d’implantation géographique et de savoir faire, va permettre à Carrefour de poursuivre son ambition stratégique visant à devenir un acteur majeur et reconnu de la distribution Bio spécialisée », a notamment déclaré, Benoît Soury, Directeur Marché Bio Carrefour.

D’ici la fin de l’année 2020, le groupe prévoit d’accroître le parc de magasins sous enseigne So.Bio pour atteindre, au total, 30 points de vente, et un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros (+40% par rapport à 2018). Selon Carrefour, l’opération de rachat de l’enseigne Bioazur sera effective dans les prochaines semaines. Elle illustre aussi un phénomène qui pourrait bien s’intensifier dans les mois à venir, à savoir celui de la concentration des acteurs de la bio en France.

[INTERVIEW] Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing : le bio chez Lidl

Interview publiée le 12 novembre 2020

« Proposer les meilleurs produits bio, aux meilleurs prix », c’est en ces termes que Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing chez Lidl, résume l’approche de l’enseigne sur le bio. Lancées sur un rythme de croissance compris entre 25% et 30%, les ventes de produits labellisés « AB » font l’objet d’un réel engouement au sein de la clientèle du distributeur. Sa stratégie sur le bio est dans la droite lignée de celle suivie, plus généralement, par l’enseigne : une offre courte, une grande majorité de produits MDD, et des prix attractifs. En exclusivité pour Plan B(io), Michel Biero, nous détaille sa vision du Bio pour Lidl.

Quand Lidl a commencé à référencer des produits bio dans ses magasins, et quand la bascule vers une offre plus conséquente a-t-elle eu lieu ?

Les premiers produits biologiques ont fait leur apparition en supermarchés en 2010, c’était une banane bio issue du commerce équitable. Mais à vrai dire, nous en jetions plus que nous en vendions. L’accélération sur le bio a eu lieu en 2012, lorsque Lidl a changé de stratégie, en décidant de sortir du hard-discount pour monter en gamme, tout en proposant des produits plus qualitatifs à nos clients comme n’importe quel supermarché. À une différence près : chez Lidl, nous sélectionnons les produits pour proposer les meilleurs dans un assortiment global qui se limite à 1 800 références.

Lidl et le bio, n’est-ce pas un peu contre-intuitif ?

Ça l’était peut-être en 2010, mais pas en 2020. Je ne vois aucun problème, désormais, à comparer Lidl à une enseigne comme Monoprix. Par exemple, notre saucisson « Label Rouge » est exactement le même que celui vendu chez Monoprix, il provient du même salaisonnier. La seule différence, c’est son prix. Monoprix le vend 25 euros le kilo, Lidl le vend 12 euros le kilo. Chaque semaine, 15 millions de clients se rendent dans nos magasins, et nous en comptons 400 000 nouveaux sur la dernière période mesurée par l’institut Kantar (octobre 2020, NDLR). Cette nouvelle clientèle vient aussi chez Lidl car nous sommes montés en gamme, certes avec des marques de distributeurs, mais certainement pas, et jamais, avec des premiers prix, cela n’a jamais existé chez Lidl.

Combien de références bio compte Lidl aujourd’hui dans ses magasins ?

Il y a aujourd’hui en fond de rayons 160 références bio. Cela inclut le frais, le sec et les fruits et légumes, soit environ 10% de notre assortiment global. Ceci étant, en plus de ces 160 produits, nous avons un portefeuille de produits biologiques d’environ 350 références. Notre ADN étant de proposer un assortiment court, il n’y aura jamais 2 000 produits bio dans les rayons de Lidl.

Jusqu’à combien de produits en fond de rayon voulez-vous monter ?

Nous avons un objectif de 200 références en fonds de rayons, mais nous ne voulons et ne pourrons pas aller au-delà de ce nombre de produits, car la surface moyenne des points de vente est de 1 100 m2.

Quels sont vos best-sellers en bio ?

Le numéro un en termes de ventes est la galette de riz nappé de chocolat à marque Lidl. Les autres produits qui se vendent très bien sont le yaourt bio nature, les tagliatelles, le beurre, la mozzarella, le lait, les œufs, la purée de tomates, les bananes, les carottes, ainsi que le pavé de saumon frais.

Le poids du bio dans le chiffre d’affaires de l’enseigne, en France, équivaut-il au poids du bio dans l’assortiment global de produits ?

Nous n’y sommes pas encore. Le poids du bio dans les ventes doit être compris entre 5% et 7%. En revanche, la croissance du bio évolue plus rapidement que celle de l’enseigne alors même que cette dernière est très forte depuis 7 ans. Dans certains rayons, le bio suit en effet une progression de 25% à 30%. Par ailleurs, un client sur 5 qui entre dans nos supermarchés, ressort avec un produit biologique. Et un client acheteur de bio chez Lidl présente un montant de panier moyen quasiment deux fois supérieur à un client acheteur de produits conventionnels. Alors même que nos produits bio ne sont pas deux fois plus chers que nos produits conventionnels.

Estimez-vous être attendu par votre clientèle sur le bio ?

Il y a une réelle demande, et la croissance du bio dans nos magasins le démontre tous les jours. Notre plus grande difficulté, est d’obtenir les volumes que nous désirons, et trouver les fournisseurs pour suivre la demande. C’est le résultat de la production agricole française en bio qui ne s’élève qu’à 8%. J’aimerais bien vendre en été des concombres biologiques produits en France, mais même l’été, je n’arrive pas à en avoir suffisamment pour satisfaire l’ensemble de nos supermarchés. Je veux du Français, mais aujourd’hui il n’y en a pas. À défaut, je propose des concombres bio espagnols. Bien ou pas, je ne rentrerai pas dans ce débat, néanmoins, c’est une réponse à une demande. Le jour où l’agriculture française sera capable de proposer des volumes importants de concombres bio, je m’engage devant vous à les acheter, immédiatement, et cela, peu importe la différence de prix entre le concombre bio français et le concombre bio espagnol.

De quelle manière l’offre bio est-elle valorisée dans vos magasins ?

Les 160 références qui composent le fond de rayon sont toujours implantées au même endroit : à l’entrée du magasin en face des fruits et légumes. S’agissant des 350 références, elles sont positionnées au fond du point de vente, au sein de l’îlot dédié aux « produits éphémères ». Il faut savoir en effet que ces 350 références sont travaillées tout au long de l’année au cours de la première semaine de chaque mois. Autrement dit, 12 semaines par an, nous achetons un volume donné de produits auprès de nos fournisseurs, que nous injectons mensuellement dans nos supermarchés, lors de la première semaine.

Pourquoi précisément la première semaine de chaque mois ?

Tout simplement parce que c’est le moment où les salaires tombent, et où les gens ont plus d’argent. Or, le bio, même chez Lidl, est un peu plus cher que le conventionnel.

Outre votre assortiment court, Lidl se démarque des autres distributeurs par une MDD qui représente 90% de son offre. Est-ce le même schéma pour le bio ?

Évidemment, c’est même encore plus sur le bio. Notre unique marque nationale en bio, c’est Bjorg, et nous devons avoir 4 références sous cette marque, sur les 160 qui compose le fond de rayon.

Pour séduire de nouveaux clients, le bio peut-il s’inscrire dans une logique de « coups commerciaux » dont Lidl s’est fait une spécialité ?

Non, les consommateurs qui connaissent bien Lidl savent qu’ils y trouvent le meilleur rapport qualité/prix. C’est facile de vendre du lait toute l’année à 1,50 euros le litre et de le brader trois fois par an à 50 centimes pour attirer des clients. Mais d’abord, c’est néfaste pour les éleveurs qui ne parviennent pas à en vivre. Et pour les consommateurs, cela donne l’impression que l’enseigne réalise une grosse marge toute l’année si elle est par ailleurs capable de le vendre à 50 centimes d’euros. Évidemment, sur le moment, il peut y avoir un effet de déplacements de nombreux clients. C’est ce qu’il s’est passé chez Intermarché avec le Nutella, mais il n’est pas certain que l’enseigne ait été très fière des scène d’émeutes auxquels nous avons assisté sur les réseaux sociaux. Aussi, ce n’est pas parce que je vends du lait moins cher, que les clients vont en boire deux fois plus, juste pour profiter de la promotion. C’est un faux débat. Personne ne boit plus de lait en raison de promotions sur le lait. Ce sont les raisons pour lesquelles nous ne ferons pas de coups commerciaux ou de promotions de ce type avec le bio. Notre philosophe est de vendre le meilleur produit au juste prix, en serrant les marges grâce à des coûts de structure peu élevés. Mais vendre peu cher ne signifie pas acheter peu cher, et peut aussi rimer avec une bonne rémunération des paysans. Chez Lidl, nous voulons donner la possibilité au plus grand nombre d’accéder au bio, et nous avons prouvé que les marges sur le bio peuvent être moindres que dans le conventionnel. Tandis que je vends plus cher les produits bio que les conventionnels, parce qu’ils sont plus chers à l’achat, j’ai décidé de gagner moins d’argent sur le bio que sur le conventionnel.

Niel, Zouari, Pigasse : l'étonnante alliance qui peut donner naissance à un champion du bio

Article publié le 03 décembre 2020

Un trio inattendu mais une ambition commune : bâtir un nouvel acteur européen majeur dans la production et la distribution de biens de consommation durables. Xavier Niel, co-fondateur du groupe Iliad (Free), actionnaire majoritaire du quotidien Le Monde, s’est associé avec Matthieu Pigasse, ex-banquier d’affaires chez Lazard, passé en septembre dernier chez Centerview Partners, et Moez-Alexandre Zouari, entrepreneur, spécialiste de la distribution alimentaire, tous trois associés, ont annoncé le 30 novembre, la création de la société 2MX Organic.

‘2MX’ reprend la première lettre de leurs trois prénoms : Moez, Matthieu, Xavier. Si pour l’heure il ne s’agit que d’une coquille vide, l’entreprise a lancé une levée de fonds en bourse (Paris, Euronext), pour un montant estimé entre 250 et 300 millions d’euros. Pour cela, le trio mise sur un véhicule d’acquisition dit SPAC qui consiste pour les investisseurs, d’une certaine manière, à signer un chèque en blanc aux fondateurs.

Un pari réussi, puisqu’ils ont annoncé quelques jours après, le succès de l’introduction en bourse de 2MX Organic, pour un montant de 300 millions d’euros, soit la tranche haute de ce qu’espérait lever le trio à la création de l’entreprise. L’objectif de cette levée de fonds : réaliser des acquisitions stratégiques sur le secteur de la consommation responsable.

Quant au montant du premier achat, qui devrait intervenir au cours du premier trimestre 2021, il pourra s’élever autour 2 milliards d’euros, ce qui laisse une marge de manœuvre suffisante aux associés pour s’offrir une voir plusieurs belles entreprises. « L’histoire ne fait que commencer, d’autres suivront, avec l’ambition partagée de répondre toujours mieux aux attentes des consommateurs européens» , a notamment déclaré Matthieu Pigasse à l’occasion de la levée de fonds.

Acteur de la distribution ou de la production

Pour plaire à 2MX Organic, les sociétés ciblées devront présenter une forte responsabilité sociale et environnementale, et opérer en production et/ou en distribution. « Elles s’inscrivent également dans une dynamique de consommation de proximité. Elles offrent des alternatives différenciantes aux consommateurs qui cherchent à donner du sens à leurs achats. Ces sociétés sont solidement implantées localement dans les pays dans lesquelles elles opèrent. Elles ont un fort potentiel de développement. La dynamique de développement sera évidemment nourrie par de la croissance organique et externe dans un marché aujourd’hui très fragmenté. L’intégration verticale contribuera également à la robustesse du modèle », précisent les trois associés dans un communiqué commun.

Au cours des prochaines semaines, il y a fort à parier que les spéculations aillent bon train, au risque de se perdre en conjectures ? L’enseigne Grand Frais a notamment déjà été évoquée comme une cible potentielle de 2MX Organic, elle pourrait présenter un certain nombre de critères en phase avec la philosophie qui anime le trio d’hommes d’affaires nouvellement formé. L’aspect “bio” en moins.

Une réponse aux bouleversements de consommation

Selon ses créateurs, 2MX Organic est le fruit d’une vision partagée, reposant sur la nécessité de répondre aux bouleversements que connaissent les pays européens en matière de consommation. « Les consommateurs sont en recherche de qualité, de durabilité et de traçabilité. Nombreux sont ceux qui portent maintenant une attention particulière aux conditions et à la localisation des productions de bien de consommation. Par exemple, les produits locaux, sains, et respectueux du bien-être animal sont privilégiés dans le cadre de notre alimentation », ont-ils souligné.

Si le concept de consommation responsable pourrait paraître un peu flou, un simple détour par le site Internet de l’entreprise permet de se faire une idée plus précise du marché visé. Présentant le projet de l’entreprise et sa gouvernance, la plateforme comprend aussi une rubrique « marché ». Au sein de celle-ci, les principaux chiffres clés du marché de la bio en France et en Europe. C’est donc bien sur le créneau de la bio, que 2MX Organic pourrait se positionner rapidement. « Nous allons consolider un secteur, nous allons inventer la distribution de demain », a notamment déclaré par voie de presse Xavier Niel.

Après l’écueil Bio C’ Bon, le rebond de Moez-Alexandre Zouari

A ce stade, il faut rappeler que parmi les trois associés, Alexandre-Moez Zouari prend la direction générale de la société. Principal franchisé de Casino, actionnaire de référence de Picard, à la tête de près de 1 500 points de vente en France (dont des Monoprix, Monop’ et Franprix), il s’est illustré au printemps dernier pour être entré en négociations exclusives avec le distributeur Bio C’Bon, en vue d’une acquisition de ce dernier.

Si l’opération n’a finalement pas tourné en sa faveur, le tribunal ayant en effet tranché en faveur du groupe Carrefour, il semble qu’il n’a pas perdu de temps pour rebondir. Il convient aussi de souligner un autre fait marquant de cette annonce, qui pourrait faire trait d’union avec l’opération manquée du rachat de Bio C’Bon : la présence de Gilles Piquet-Pellorce parmi les membres du conseil d’administration de 2MX Organic. Ce dernier, dont le parcours professionnel s’illustre notamment par ses fonctions de directeur général chez Biocoop entre 2011 et 2017, était pressenti par M.Zouari pour prendre la direction générale de Bio C’Bon, en cas de victoire.

Parmi les autres membres du conseil d’administration, on trouve par ailleurs Cécile Cabanis (bientôt ex-directrice financière du groupe Danone), Rachel Delacour (co-présidente de France Digitale pendant deux années, et fondatrice de plusieurs startups), et Anne le Lorier (ancien sous-gouverneur à la banque de France). Un spectre de compétences larges, à la fois dans la distribution, l’agroalimentaire, la tech et la finance, dont l’alliance pourrait bien être d’une efficacité remarquable.

Xavier Travers devient président de naturéO

Article publié le 17 septembre 2020

L’enseigne spécialisée, qui compte 50 points de vente et un chiffre d’affaires de plus de 130 millions d’euros, a annoncé la nomination de Xavier Travers, au poste de président de La Compagnie Bio & Nature, maison-mère de la chaine de magasins naturéO.

Âgé de 43 ans, Xavier Travers succède ainsi à son père, Hervé Travers, qui a fondé l’entreprise il y a 13 ans. Après avoir ouvert son premier magasin à Chartres en 2007, Xavier Travers a dirigé et développé la société pendant au 11 ans, en tant que directeur général. Il a été remplacé à ce poste en 2018 par Lilian Corre, lorsque Xavier Travers était nommé vice-président de naturéO.

[INTERVIEW] Charles Pernin, délégué général du SYNABIO

Interview publiée le 26 novembre 2020

Au plus près des acteurs de la bio spécialisée en France, le Syndicat des transformateurs et distributeurs bio (Synabio) dresse un état des lieux de la manière dont les professionnels du secteur traversent la période de reconfinement, à laquelle la France est confrontée. De l’impact sur les activités en passant par l’appréhension d’une baisse du pouvoir d’achat chez les Français, jusqu’aux négociations commerciales qui ont cours en ce moment, Charles Pernin, délégué général du Synabio, a accepté de nous livrer une vision large des problématiques très actuelles des spécialistes de la bio.

De quelle manière les entreprises de la bio traversent-elles ce deuxième confinement ? Quel impact a-t-il eu sur leurs activités ?

Ce deuxième confinement n’a pas donné lieu au même pic de consommation auquel nous avions assisté lors du premier, au printemps dernier, car il n’y a pas eu le même effet de ‘ruée’ de la part des Français dans les magasins alimentaires. Le pic d’activité est donc moindre pour les fabricants. Par ailleurs, des reports de lancement d’innovations ou de promotions nous ont été signalés, comme lors du premier confinement. Et quant aux entreprises de la bio qui fournissent la restauration commerciale, en plein ralentissement, elles sont malheureusement très impactées. Celles qui opèrent à la fois sur une activité de restauration et de consommation grand public peuvent parvenir à compenser les pertes, car les gens consomment davantage à la maison, mais pour les autres, c’est plus compliqué.

Les acteurs de la bio ont-ils malgré tout rencontré des difficultés ?

Les professionnels du secteur ont appris du premier confinement. A l’arrivée du deuxième, il y avait un goût de ‘déjà-vu’. Nous avons l’impression qu’il n’y a pas eu d’écueils de même nature que lors du premier confinement. Par la suite, ce qui va arriver, ce sont des changements de long terme : le maintien des gestes barrières en entreprises, la place du télétravail et toutes les questions que cela implique sur la cohésion des équipes. Les entreprises vont vivre avec ces changements-là, ce qui va poser des questions sur la relation au travail. Cela vaut dans la bio comme dans les autres secteurs d’activité.

Quelles raisons peuvent expliquer que les magasins bio n’aient pas connu le même pic de fréquentation qu’à l’occasion du premier confinement ?

D’abord, contrairement au premier confinement, les écoles et les cantines sont restées ouvertes. Par ailleurs, il n’y a pas eu le même phénomène de ‘sur-stockage’ des produits de la part des Français, qui avait profité aux produits bio ainsi qu’aux magasins spécialisés. En mars-avril, le commerce alimentaire dans son ensemble avait sur-performé, et cette accélération était encore plus forte dans les magasins de proximité et les magasins biologiques. Parmi les explications, l’image santé des produits bio, qui répondent à des attentes de réassurance par rapport aux inquiétudes des Français. Cette fois, nous avons l’impression que cet effet est moins marqué. Nous pouvons aussi imaginer que les consommateurs anticipent l’impact à long terme de la crise, sur le pouvoir d’achat notamment, ce qui impliquerait un comportement plus attentif sur la consommation, dont les dépenses alimentaires. Or, la bio, compte tenu de son positionnement prix, est peut-être moins en pointe sur ce sujet que le conventionnel.

Les professionnels de la bio craignent-ils les effets de l’impact de la crise sur le pouvoir d’achat des Français, alors que parallèlement, la guerre des prix est enclenchée parmi les grandes enseignes de la distribution ?

Il est encore un peu trop tôt pour mesurer l’impact réel de la crise sur le pouvoir d’achat, mais c’est un point de vigilance particulier pour nos adhérents. Pour l’heure, nous n’observons pas de répercussions d’une baisse du pouvoir d’achat sur la consommation de produits bio.

Mais c’est un élément qui reste dans l’esprit des acteurs de la bio…

Bien sûr, tout le monde s’attend à un impact fort de la crise sur le niveau de vie, sur le budget des ménages avec un impact psychologique sur les Français qui peut les amener à vouloir maîtriser encore plus leur budget alimentaire. Lors de la crise financière de 2008, la bio avait ralenti sa progression, puis était revenue à un rythme de développement à deux chiffres deux ou trois ans plus tard. Il n’est donc pas impossible que la bio rentre dans une période de ralentissement de sa croissance, mais dont l’ampleur est pour le moment inconnue. Les professionnels de la bio pensent néanmoins qu’il y a une tendance de fond autour de la bio qui va continuer à porter le secteur, car elle s’inscrit dans des attentes sociétales à long terme : la santé, l’environnement, la relation aux filières, ou encore l’ancrage dans les territoires… Ces attentes vont prendre de plus en plus d’importance.

Avec de tels indicateurs au vert, comment traverser l’épreuve de la baisse annoncée du pouvoir d’achat ?

Ce qui est important, c’est la stratégie des acteurs de la bio à moyen et long terme. Qu’il s’agisse des industriels ou des distributeurs, les acteurs spécialisés font le choix de la bio dans la durée, et font le pari que les moteurs de consommation sur lesquels elle s’appuie s’avéreront être les bons. La question, désormais, est de savoir comment nous franchirons ce cap de la crise, et quelle sera l’ampleur du choc économique. On peut aussi imaginer qu’une partie des consommateurs bio, dans des circonstances d’incertitude, décident de sanctuariser l’alimentation. Si l’on dit souvent que lorsque ça va mal économiquement, les ménages sacrifient l’alimentation, nous pouvons aussi considérer que les gens qui font le choix de consommer bio raisonneront à l’inverse. Leur profil de consommation démontre que l’alimentation tient une place importante pour eux. Et lorsqu’il y a des difficultés, ce n’est pas sur l’alimentation qu’ils vont rogner en premier.

Les négociations commerciales entre distributeurs et industriels ont débuté, et le Synabio a été auditionné sur le sujet. Comment évoluent-elles ?

Nous avons été auditionnés sur ce sujet par l’Assemblée nationale l’an passé, et cette année par Serge Papin (ex-pdg de Système U, missionné par le ministre de l’Agriculture comme médiateur dans le cadre des négociations commerciales, NDLR). S’agissant de la question des négociations commerciales, notre préoccupation porte sur l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché bio. Tant au niveau de la grande distribution que de l’agroalimentaire, avec des multinationales qui se positionnent de plus en plus sur la bio. La bio n’est plus un marché de niche, elle se développe et c’est une très bonne nouvelle pour la planète ! En contrepartie, le paysage devient de plus en plus concurrentiel avec un risque majeur : celui de la guerre des prix. La crise liée au Covid-19 risque d’accélérer cette guerre des prix, et pour nous, l’enjeu est de parvenir à créer un équilibre à la fois dans la création et le partage de la valeur. Il faut éviter que les filières bio se trouvent entraînées dans les mêmes spirales de déflation que les filières conventionnelles. Il s’agit d’installer un modèle de développement qui préserve les acquis de la bio, permette de faire vivre des agriculteurs, des PME, des territoires en produisant une alimentation de qualité. Il faut que le développement de la bio soit cohérent avec les valeurs qui l’ont fondé, et c’est ce que nous voulons protéger.

Le bio chez Casino en 6 chiffres clés

  • 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 2019, soit 8,7 % du chiffre d’affaires France
  • La croissance du bio dans le groupe s’établit à 15% en 2019
  • 2 300 produits bio alimentaires à marque propre : c’est 24% de plus par rapport à 2018 (Monoprix Bio, Casino Bio, Franprix Bio)
  • 22 600 produits bio alimentaires à marque propre et à marque nationale, soit une progression de 14% par rapport à 2018
  • Développement de Naturalia avec 19 ouvertures en 2019, et forte croissance de 11,7 %.
  • Le bio représente désormais près de 14 % du chiffre d’affaires de Monoprix.

[E-COMMERCE] Biocoop dévoile officiellement son site marchand

Article publié le 27 février 2020
 
Très attendu, le site marchand de l’enseigne spécialisée dans les produits biologiques, Bio.coop, a officiellement vu le jour à la fin février. Sur la plateforme Bio.coop, les clients de l’enseigne peuvent désormais acheter leurs produits sur le site Web et venir les récupérer en magasins. Biocoop ne prévoit pas encore la livraison à domicile pour les commandes passées en ligne, et propose donc un service qui s’apparente davantage à un drive pour les magasins installés en province, ou un service de Click&collect pour les points de vente en centre-ville. Pour l’heure, 28 points de vente appelés « magasins ambassadeurs » par Biocoop, sont intégrés à la plateforme de vente en ligne.
 
Disséminés un peu partout sur l’ensemble du territoire français, on les trouve notamment à Rennes, Brest, Strasbourg, Valence, Nice, en périphérie de Lyon, près de Dijon, à Annecy ainsi qu’un magasin également à Paris dans le 11e arrondissement. L’entreprise entend néanmoins développer rapidement le nombre de « magasins ambassadeurs » pour atteindre la centaine d’ici le mois de juin prochain.
 

Une expérience fluide et cohérente

En test depuis la fin de l’année 2019, la plateforme marchande de Biocoop est aussi une réponse aux attentes des sociétaires qui souhaitent développer la vente en ligne et les outils digitaux. Bio.coop a été pensée de manière à proposer une expérience fluide et cohérente. L’enseigne précise par ailleurs que les fonctionnalités ont été développées en collaboration avec un nombre significatif de sociétaires et de magasins volontaires, impliqués dès le début du projet.
 
Concrètement, lorsque l’internaute arrive sur la page d’accueil du site marchand, il doit d’abord choisir le magasin auprès duquel il souhaite passer commande. Il est ainsi immédiatement informé du jour et de l’heure où le retrait de sa commande sera possible. Il peut aussi visionner facilement l’itinéraire pour se rendre sur le point de vente. Puis il a la possibilité d’entrer dans l’offre produits grâce à un menu situé sur la gauche de l’écran, ou alors d’entrer dans l’offre vrac via un large bloc disposé en haut de l’écran d’accueil.
 

4 000 produits et un panier moyen de 47 euros

Au total, Biocoop annonce plus de 4 000 produits disponibles sur sa plateforme marchande (épicerie sucrée et salée, produits frais, crèmerie, traiteur, boissons, bien-être, etc), dont 150 références en vrac. Une offre qui est amenée à être étoffée progressivement. A ce jour, Biocoop revendique un panier moyen en ligne de 47 euros, et que les produits les plus achetés sont les jus de fruits et soft, les fruits secs en vrac, et les yaourts et desserts.
 
Une rapide navigation parmi l’offre des « magasins ambassadeurs » suffit à comprendre qu’une partie de l’offre est commune à tous les points de vente, mais qu’il existe de petites différences selon le magasin sélectionné. Par exemple, les clients parisiens ou biterrois n’auront aucun mal à se fournir en conserves de 660g d’haricots verts Priméal tandis qu’un client rennais devra se rabattre sur une autre marque avec un autre format. Idem pour les prix. Par exemple, si un litre d’huile d’olive ‘douce’ de marque Bio Planète est vendu 10,35 euros sur le log parisien de Bio.coop, il est vendu 11,23 euros aux clients rennais. Des variations de prix qui ne semblent toutefois pas démesurées, et qui sont le reflet d’une stratégie consistant à laisser la main aux points de vente pour fixer leurs propres tarifs.

INDUSTRIE

Le groupe Léa Nature met la main sur Famille Mary

Article publié le 26 novembre

Une page se tourne pour l’entreprise familiale, qui fêtera ses 100 ans l’an prochain, reconnue pour ses produits naturels et biologiques issus de la ruche : Famille Mary. La société vient en effet d’être rachetée à hauteur de 94% de son capital, par le groupe spécialisé dans les produits bio, Compagnie Léa Nature, qui compte parmi ses marques phare Jardin Bio et So’Bio Etic, et dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 500 millions d’euros en 2020. L’opération, dont le montant n’a pas été révélé, prévoit que 6% du capital de Famille Mary reste aux mains des cadres dirigeants de l’entreprise. Evoquant une transmission plus qu’une cession, le dirigeant de Famille Mary, Benoît Mary, « a souhaité après 20 années d’engagement, transmettre l’entreprise familiale à Charles Kloboukoff, président-fondateur de Compagnie Léa Nature, afin d’assurer la pérennité et le développement de son entreprise ».

Une réseau de 100 apiculteurs français et européens

Basée dans le Maine et Loire (à Saint André de la Marche), Famille Mary s’appuie sur un réseau de 100 apiculteurs partenaires en France et en Europe, pour un total de 700 ruches. Elle compte 250 000 clients, qu’elle adresse à travers 4 marques différentes : Famille Mary – dont 77% des références sont biologiques-, Abellie (dermo-cosmétique), Hedene (destinée aux réseaux d’épicerie fine, à l’export et à l’enseigne Monoprix) et Ma Ruche Bio, marque distribuée dans les réseaux de magasins bio spécialisés. Par ailleurs, Famille Mary possède son propre réseau de distribution qui compte trente points de vente en France, ainsi que d’un site marchand, qui a notamment connu une augmentation de ses ventes de 300% au cours du premier confinement, au printemps dernier. Quant à ses produits de la ruche, ils sont composés d’incontournables tels que le miel, la propolis, ou encore la gelée royale et le pollen. Parmi les particularités de l’entreprise, elle se revendique notamment comme étant à l’origine de la gelée royale en France, et dispose, par ailleurs, de son propre laboratoire pour analyser l’origine florale des pollens.

Valoriser une apiculture plus écologique

Famille Mary se veut engagée dans la préservation de la planète, et la sauvegarde des abeilles, un point sur lequel elle se présente comme étant en symbiose avec le groupe Léa Nature. Elle reverse notamment 1% de ses ventes à l’Union nationale des apiculteurs de France (Unaf) pour la sauvegarde des abeilles, et le soutien à la filière apicole. Pour Charles Kloboukoff, président fondateur de Léa Nature, « L’entreprise familiale Famille Mary est très attachée au soutien d’une apiculture plus écologique, avec une part de bio désormais largement majoritaire, un virage qu’ont su prendre Benoît (Mary) et ses équipes. C’est avec une admiration certaine, pour le travail en profondeur et de qualité mené par les équipes Famille Mary depuis 3 générations, que nous abordons ce nouveau chapitre de notre développement commun ». Les 125 salariés de famille Mary viendront ainsi gonfler les rangs des quelque 1 780 collaborateurs que compte Léa Nature.

[INTERVIEW] Wessanen s'offre Danival

Le groupe Wessanen, propriétaire notamment de Bjorg, Bonneterre et Compagnie, a annoncé l’acquisition de la marque emblématique du bio, Danival. Forte d’un chiffre d’affaires en 2019 d’un peu plus de 21 millions d’euros et de 200 références produits, Danival vient donc grossir les rangs du déjà très complet portefeuille de marques bio du groupe hollandais. Son CEO, Christophe Barnouin, nous détaille les raisons qui ont incité Wessanen à racheter à Danival, dans quelles conditions l’opération a été réalisée, et les synergies envisagées entre les deux entités.
 

En combien de temps l’opération a-t-elle été bouclée et quel en est le montant ?

Nous ne communiquons pas le montant de l’opération. Celle-ci a eu lieu avant, pendant, et après le confinement. Mais ce n’est pas le confinement qui a provoqué une opportunité, et par ailleurs, il n’a pas été un frein à notre intérêt pour Danival.
 

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Danival ?

Je connais le fondateur de Danival, Daniel Gevaert, que j’ai rencontré il y a une dizaine d’années dans le cadre du Synabio. J’ai toujours été intéressé par sa démarche en faveur du bio, au-delà du logo, mais aussi par l’engagement de la marque notamment en faveur de l’amont agricole. Par ailleurs, Danival dispose d’une capacité à structurer les filières, et veille de près à la qualité de ses produits. J’ai donc un intérêt qui porte à la fois sur la culture et les valeurs de l’entreprise, mais aussi un intérêt plus stratégique.
 

Pouvez-vous nous en dire davantage à propos de cet intérêt stratégique ?

D’abord, Danival est une très belle marque en magasins biologiques. Mais c’est aussi une entreprise qui dispose d’un atelier de fabrication et qui comprend bien ce qu’est le ‘repas bio’ aujourd’hui. Elle opère en outre des filières amont de fruits et légumes françaises qui sont très bien structurées. Or, chez Wessanen, nous avons un intérêt stratégique à rentrer dans le ‘repas bio’, de fabrication française, sur la base de filières agricoles bio, là aussi françaises, mais nous avons encore une marge de progression sur ces deux aspects, et avons besoin de valeur ajoutée. C’est ce que nous amène Danival.
 

Pourrait-il y avoir des synergies entre Danival et d’autres marques du groupe comme Bonneterre par exemple ?

Pas nécessairement car le portefeuille de produits de Danival n’est pas le même que celui de Bonneterre. Bonneterre fait très peu de repas préparés, en bocaux ou en sachets. Plus généralement, aujourd’hui, nous sommes plutôt dans une phase de relocalisation, de recentrage, d’intégration de l’amont industriel et agricole qu’on a déjà démarré au sein du groupe, notamment avec la marque Destination il y a quelques années, mais aussi avec Bonneterre. Nous voulons par ailleurs avoir une empreinte citoyenne forte, et nous sommes la seule entreprise européenne de cette taille à être certifiés B Corp, ce pour quoi nous sommes très fiers. Donc cette acquisition s’insère complètement dans ce spectre de valeurs. Cela fait partie du chemin de transformation qu’on a entamé il y a plusieurs années autour du bio, du commerce équitable et des produits végétariens.
 

Il ne faut donc pas s’attendre à voir des plats préparés sous marque Bonneterre arriver en magasins bio ?

Notre but n’est pas de faire grossir Bonneterre avec Danival. Ce que nous souhaitons, c’est renforcer Danival sur ce qu’elle sait déjà faire. C’est une marque qui parle aux clients des magasins biologiques, alors si nous pouvons l’aider avec de l’innovation, nous le ferons, et par des investissements, nous le ferons aussi.
 

Qui va piloter Danival au sein du groupe, et les équipes basées à Andiran sont-elles amenées à bouger ?

Depuis hier, c’est Renaud Chamonal, actuel directeur général de Destination et de Bjorg Bonneterre et Compagnie, qui prend la présidence de Danival. Concernant les équipes de Danival, elles resteront basées sur le site d’Andiran, dans le Lot-et-Garonne.

[VRAC] Bioday à la conquête des GMS

Article publié le 22 octobre 2020

De Casino en passant par E.Leclerc, Intermarché, Auchan, jusqu’aux groupes Carrefour et même Amazon, tous les poids lourds de la grande distribution ou presque commercialisent les produits de la marque Bioday. Commercialisée par Pronatura – propriété du groupe Organic Alliance -, la marque Bioday est un spécialiste des fruits secs en vrac et en sachets, dont le catalogue produits compte plus de 101 références. En pleine expansion, la marque enregistre entre 2019 et 2020 (à fin septembre), une croissance de plus de 50% de son chiffre d’affaires, à propos duquel l’entreprise ne communique toutefois pas.

Le choix de Bioday de commercialiser ses produits auprès de la grande distribution est éminemment stratégique. En France, le marché du vrac est estimé à 1,2 milliard d’euros (+40%) et les GSA concentrent environ 50% des ventes, quand les spécialistes bio en captent 45%, et les magasins spécialisés dans le vrac, 5%. Bioday fait le pari du développement continu des ventes de vrac au sein des grandes enseignes de la distribution généraliste. Mais aussi sur l’appétence croissante des Français pour les produits économes en emballages plastique. « Notre ambition est d’être une marque accessible pour le plus grand nombre », précise Karine Lecomte, directrice marketing, communication et transformation digitale chez Organic Alliance.

Si les ventes de produits en vrac ont subi un coup de frein durant la période du confinement, l’activité de Bioday en a peu pâti. Réparties entre les produits vendus en sachets d’une part et en vrac d’autre part, les ventes de l’entreprise se sont même rééquilibrées entre les deux formats : désormais chacun pèse pour environ 50% des ventes de Bioday, tandis qu’un an plus tôt, les ventes de fruits secs en sachets représentaient encore 65% du chiffre d’affaires contre 35% pour le vrac. Au-delà de considérations conjoncturelles, c’est aussi le choix de Bioday de privilégier la voie du vrac. Sa maison-mère, Organic Alliance, a fait de la réduction des emballages l’un des trois piliers majeurs de son projet « Ambition 2025 », qui dessine la feuille de route du groupe pour les années à venir.

Les emballages en plastique dans le viseur

Dans la droite lignée de cette stratégie, Bioday a alors décidé d’innover, et après un an de travail avec ses fournisseurs, déploiera en novembre prochain des nouveaux emballages pour ses fruits secs vendus en sachet. Exit le plastique, et place à un emballage papier, recyclable par la filière papier. Seule une petite fenêtre plastique apposée sur l’emballage permettra aux clients de considérer l’aspect des produits avant de les acheter. « Les consommateurs sont très vigilants quant à l’impact environnemental de l’emballage. Nous voulions apporter une réponse à cette préoccupation », explique Karine Lecomte.

Du côté de son offre de produits en vrac, Bioday a récemment étoffé son catalogue avec des légumineuses, des pâtes, du riz ou encore du café. « C’était une vraie demande de la part de nos partenaires distributeurs », confie Karine Lecomte. Dont acte. 100% bio, la marque segmente aujourd’hui son offre globale autour de quatre gammes : cuisine, santé, énergie, et apéritif. Son objectif est de couvrir tous les moments de la journée et tous les besoins de la famille. Un but qui, pour le moment, semble réussir à l’entreprise qui est désormais distribuée dans près de 250 points de vente à travers toute la France.

Wessanen (Bjorg, Bonneterre, Danival) devient Ecotone, et réaffirme sa mission

Article publié le 12 novembre 2020

Le groupe Wessanen, propriétaire des marques Bjorg, Bonneterre, Danival, Alter Eco ou encore Clipper, veut réaffirmer sa mission et à cette occasion, se dote d’une nouvelle identité. L’entreprise, dont le chiffre d’affaire devrait avoisiner les 670 millions d’euros en fin d’année, a opté pour “Ecotone”. Un nom riche de sens puisque le terme illustre une zone de transition écologique entre deux écosystèmes. A travers cette initiative, l’acteur majeur de la bio en France et en Europe, espère incarner sa nouvelle mission, à savoir, nourrir la biodiversité. « Chaque jour, la biodiversité perd un peu plus de sa richesse. L’agriculture intensive et un régime alimentaire standardisé et fortement carné sont les causes principales de l’appauvrissement de l’environnement et de l’alimentation, et de la fragilisation de la santé des consommateurs. Wessanen contribue à construire à son échelle un modèle alimentaire alternatif en France et en Europe, fondé sur l’alimentation végétale et biologique », a précisé le groupe, dans un communiqué. Cette stratégie, l’entreprise en a fait le cœur de sa philosophie et entend l’inscrire dans le cadre d’un statut d’entreprise à mission en France. Ainsi, l’entreprise s’engage d’ici 2030 à :

● Continuer à développer la bio et les produits végétaux en portant à 95% la part de son chiffre d’affaires généré par les produits végétaux et 90% par la bio, préservant par essence la biodiversité.

● S’opposer à la standardisation et proposer deux tiers de produits ne contenant aucune des 9 espèces végétales sur lesquelles repose aujourd’hui deux tiers de l’alimentation (blé, riz, maïs, soja, huile de palme, etc.).

● Tripler les volumes des matières premières stratégiques cultivées avec des pratiques exemplaires dépassant le cahier des charges “AB”, pour faire grandir la biodiversité dans les champs (développement d’infrastructures agro-écologiques, sols sous couverts, rotation longue des cultures).

Une relocalisation en France

Par ailleurs, à l’occasion de son changement de nom, l’entreprise va relocaliser en France son siège social néerlandais, dans les locaux de La Ruche – à Saint-Genis-Laval, à deux pas de Lyon -, au siège de la société Bjorg, Bonneterre et Cie. De fait, 20 salariés sont rapatriés en France, ce qui porte les effectifs à 350 sur le site de la Ruche.

[COSMETIQUE] Lamazuna se développe tous azimuts

Article publié le 08 octobre 2020

Soin des cheveux, du visage, du corps, des dents, protection intime… la marque spécialisée dans la cosmétique écologique et éthique vendue en magasins bio et en parapharmacies, Lamazuna, n’a eu de cesse de se développer depuis sa création, il y a 10 ans. Sur un marché estimé à plus de 900 millions d’euros par l’association Cosmebio, la marque veut aujourd’hui aller plus loin dans son développement, et s’apprête à sortir des salles de bains pour investir le reste de la maison. « Nos nouveautés sont conçues de manière à ne pas créer de nouveaux besoins », précise Laëtitia Van de Walle, fondatrice de Lamazuna.

De fait, la marque s’est concentrée sur des types de produits existants déjà dans le commerce. Seront ainsi commercialisés au premier semestre 2021 des produits de nettoyage : un pain de vaisselle, un nettoyant pour les sols, et un détachant solide pour le linge. Parallèlement, Lamazuna va déployer une toute nouvelle gamme de produits destinée à une cible qu’elle n’adressait pas jusqu’à présent : les adolescents. Elle a donc créée une nouvelle marque baptisée « Kisupu ». Un nom audacieux, qui mise ostensiblement sur l’humour des jeunes.

Au total, neuf références seront déployées, comprenant des déodorants, des dentifrices à croquer et des nettoyants pour le visage. Fidèle à sa stratégie initiale, ces nouveaux produits sont destinés à être vendus au sein des réseaux de magasins spécialisés. Et si une part majoritaire de son chiffre d’affaires, qui s’élève à 10 millions d’euros pour l’exercice 2019 clôturé en mars 2020, provient aujourd’hui du circuit des spécialistes, l’entreprise ne délaisse pas pour autant la grande distribution, puisqu’elle a lancé cette année, une marque dédiée : The Green Emporium.

Un prix moins élevé et des formules repensées

The Green Emporium est distribuée au sein de plusieurs enseignes dont Auchan à l’échelle nationale, mais aussi dans 30 points de vente E.Lerclerc, chez Système U, et dans les magasins belges de Carrefour. Vendus en moyenne 10% moins chers que les produits sous marque Lamazuna, ils sont aussi différents dans leur composition. « Nous avons procédé à une reformulation complète de la gamme, car nous ne voulions pas nous appuyer sur les mêmes matières premières, confie Laëtitia Van de Walle. Nous avons changé nos huiles, nos argiles et quelques produits synthétiques sont utilisés. Les produits proposés ont des parfums plus intenses, mais dont la longévité est moins importante ».

Au sein de l’entreprise, c’est le département innovation qui se charge du développement des quelque 80 références disponibles sous les marques The Green Emporium (30 références) et Lamazuna (50 références). Au total, 11 personnes s’affairent à concevoir de nouvelles compositions. Et avant de lancer une nouveauté, il faut en moyenne une année de travail aux personnes dédiées, pour parfaire une formule. Loin d’être à court de projets, Lamazuna mise aussi sur un autre axe de développement : l’international.

L’Allemagne, marché numéro un à l’international

Aujourd’hui, 70% de son chiffe d’affaires est réalisé en France, mais l’international pèse pour 30% et continue de progresser. Au global, Lamazuna est distribuée dans 31 pays et compte 1 500 revendeurs à l’étranger et 3000 en France. Le top 3 est composé de l’Allemagne, dont les ventes pèsent pour un million d’euros, l’Italie, puis l’Espagne. Par ailleurs, en dépit de relations commerciales marquées par le contexte du Brexit, le Royaume-Uni connaît une rapide progression. Il faut dire que Lamazuna est parvenue à séduire les enseignes Planet Organic et la chaîne américaine Whole Foods Market. Une performance notable pour cette entreprise qui multiplie par deux son chiffre d’affaires tous les ans, et qui ne comptait que 11 salariés il y a deux ans, lorsqu’elle a décidé de prendre ses quartiers à Marches, un petit village de la Drôme de 850 habitants, qui doit désormais compter avec les 75 salariés de Lamazuna.

[MARKETING] Bjorg engage une refonte de ses packagings et affiche le Nutri-score

La marque du groupe Bjorg Bonneterre et Compagnie a entamé la refonte des emballages de ses produits. Elle porte dans un premier temps sur les paquets de céréales Bjorg, et les nouveaux emballages seront déployés dès le mois de mai prochain. Bjorg prévoit de l’étendre progressivement à l’ensemble des autres gammes. La marque ambitionne de basculer 50% de son portefeuille de produits d’ici quelques mois.
 
Pensés dans une démarche eco-responsable, les emballages sont en partie fabriqués à partir de plastique végétal issu principalement de canne à sucre. C’est notamment le cas pour les packs de céréales et les bouchons des boissons végétales qui représentent un volume important du rayon Bio. Une alternative aux énergies fossiles qui permet notamment de réduire les émissions de CO2. « C’est dans une volonté constante d’amélioration de nos produits que nous avons conçu les nouveaux packs. La taille des emballages des céréales a tout d’abord été diminuée de11% sans que cela n’impacte le grammage. Mais nous avons voulu aller plus loin et avons fait le choix d’emballages biosourcés issus de matières renouvelables.» Adeline Muller, responsable marketing, Bjorg.
 
Par ailleurs, les nouveaux emballages Bjorg, ont été conçus de manière à favoriser la transparence avec les consommateurs. Si bien que la marque a décidé d’apposer le Nutri-score sur l’ensemble de ses nouveaux packagings. Confiante dans les effets positifs de sa charte nutritionnelle, la marque revendique, à date, une proportion de 80% de produits en Nutri-score A, B et C, dont 41% catégorisés A.

Pour ses 50 ans, Moulin des Moines remodèle son logo

Article publié le 24 septembre 2020

Un cinquantième anniversaire qui restera probablement dans les annales de l’entreprise, tant l’année 2020 aura été exceptionnelle à bien des égards. Cette année, elle a complètement remodelé son logo, plus moderne mais qui n’en n’oublie pas pour autant de reprendre les points d’ancrage de la marque : la tour du Moulin, un épis d’épeautre et une meule de pierre. « Les premiers emballages arborant le nouveau logo apparaitront au fil de l’année 2021 sur l’ensemble de nos produits », précise Christophe de Saint Pierre, directeur commercial de Moulin des Moines.

La société alsacienne fait partie des marques emblématiques, et pionnières, de la bio spécialisée. La production du Moulin, qui a contribué à (re)donner ses lettres de noblesse à l’épeautre et au petit-épeautre, ne se limite pas aux farines, elle comprend aussi une pléiade d’autres produits tels que les céréales, les pâtes, galettes, biscuits salés et sucrés, le chocolat, jusqu’à l’eau avec la marque Celtic. Au total, elle revendique un catalogue de plus de 2 000 références, et une dizaine de marques différentes dont Naturaline destinée à la GMS.

65 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020

Pendant la période de confinement relative à la Covid-19, Moulin des Moines a dû faire face à une explosion de son activité de meunerie, de 50%, les farines ayant fait partie des produits “en tension” au cours de cette période.

Dans le même temps, du fait de la fermeture de ces commerces, toute son activité liée aux cafés, hôtels et restaurants (CHR) a été réduite à néant. « L’activité est en train d’atterrir en ce moment, par ailleurs, qu’il s’agisse des collectivités ou de l’activité CHR, il y a une reprise mais qui n’est pas encore totale », note Christophe de Saint Pierre, qui se veut tout de même confiant pour la période qui s’ouvre sur les fêtes de fin d’année.

En 2019, l’entreprise a généré un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et anticipe une année 2020 à environ 65 millions d’euros. Si l’essentiel de ses ventes est concentré en France, elle tire 10% de ses revenus de l’international.

Sésame contaminé : un tiers des produits rappelés sont biologiques

Article publié le 26 novembre

C’est un rappel de produits de très grande envergure. La répression des fraudes (DGCCRF) a publié une liste de plus de 1 200 lots de produits alimentaires, faisant l’objet d’un rappel ou d’un retrait des rayons des magasins alimentaires. Leur point commun ? Tous contiennent du sésame sur lequel a été détecté la présence de résidus d’oxyde d’éthylène, dans une teneur supérieure à la limite maximum réglementaire.

Comme l’explique la société spécialisée dans les analyses alimentaires, Eurofins, « Par ses propriétés biocides (contre les bactéries et leurs endospores) et fongicides (contre les moisissures et les champignons), ce produit phytosanitaire est utilisé pour la stérilisation de substances que la pasteurisation, ou tout autre process haute température, risquerait d’endommager. Ce mode de stérilisation est ainsi employé pour les herbes aromatiques et pour les épices comme les graines de sésame. Cependant, l’oxyde d’éthylène est une substance cancérigène génotoxique après consommation régulière ». Selon la DGCCRF, le sésame mis en cause provient de différents exportateurs indiens.

Rappel/retrait de 269 références de produits

Dans les produits alimentaires, le sésame est employé sous différentes formes, en graines entières, broyé, ou encore en purée. Il intervient en outre dans la composition d’une grande diversité de produits : il y en a sur les pains à bagels ou à burgers, mais aussi dans certaines barres de céréales, les baguettes, les biscuits, des biscottes, ou encore dans les falafels ou le houmous. Au dernier décompte du magazine 60 millions de Consommateurs, un total de 269 références de produits font l’objet d’un rappel.

Parmi ceux-là, on trouve notamment des produits vendus sous MDD par la quasi totalité des grandes enseignes de la distribution comme Système U, Auchan, Carrefour, Casino, Monoprix, Picard, Lidl, Intermarché, Leader Price, Franprix, ou encore Metro, Aldi et E.Leclerc. Mais aussi par des marques nationales telles que Lindt, les biscottes Roger, Harry’s, ou encore les marques Tanoshi et Cobral. Peut-être plus inquiétant encore, de nombreux produits biologiques se trouvent également parmi les lots faisant l’objet d’un rappel. Au total, on dénombre un peu plus de 450 lots de produits présentant un label bio.

Il y a notamment des produits sous les marques propres des enseignes Naturalia et La Vie Claire, mais aussi les MDD U Bio et Bio Village (E.Leclerc) et des produits de marques emblématiques vendues en grande distribution telle que Gerblé, Bjorg, Biofournil et Jardin Bio, mais aussi d’autres commercialisées en magasins spécialisés comme l’Angelus, Markal, Moulin des Moines ou encore Priméal. Il n’est pas exclu que d’autres marques viennent gonfler cette liste, puisque le document publié par la DGCCRF contenant les produits et les marques concernés, fait l’objet d’une mise à jour régulière.

Si cette affaire prend de l’ampleur depuis plusieurs jours déjà, elle n’est pourtant pas tout à fait récente. En effet, les autorités sanitaires françaises ont été informées au début du mois de septembre dernier de la présence d’oxyde d’éthylène sur du sésame importé. Ce sont leurs homologues belges via le RASFF (un outil d’alerte de l’union européenne, crée en 1979, permettant de signaler les problèmes relatifs aux produits agroalimentaires aux différentes États membres), qui les ont alertés.

La France n’est donc pas le seul pays concerné puisque des rappels ont également lieu en Irlande, en Belgique, au Luxembourg, et en Allemagne. Outre le rappel/retrait des produits touchés par l’oxyde d’éthylène, la DGCCRF a annoncé un renforcement des contrôles à l’importation. Ce type de mesure permet notamment d’imposer un contrôle documentaire systématique à l’entrée sur le territoire de l’UE et de fixer une fréquence de contrôles d’identité et physiques sur des produits spécifiques, en l’occurrence le sésame.

Nespresso lance un café bio destiné au grand public

Article publié le 10 septembre 2020

Après avoir lancé un café bio à destination des professionnels (entreprises, restaurateurs) en début d’année 2020, la marque de café a décidé d’étendre un peu plus son champ d’action en lançant la commercialisation de sa référence « Peru Organic » auprès des particuliers. Pour ce premier café certifié biologique selon la réglementation européenne, Nespresso a opté pour un arabica cultivé au nord-est du Pérou, dans le district de Huabal, « une zone très difficile d’accès de la province de Jaén dans la région de Cajamarca. Cultivés à une altitude comprise entre 1 600 et 2 100 mètres, les caféiers évoluent dans un climat subtropical de montagne, caractérisé par un taux d’humidité élevé », précise l’entreprise dans un communiqué. Sur cette localité, « plus de 1 500 producteurs dont les fermes disposent de terres de moins d’un hectare, récoltent les cerises de ce café à la main, pour les faire sécher dans leur propre arrière-cour ». La marque envisage, par ailleurs, d’accroître le nombre de producteurs partenaires dans cette région.

Des méthodes agricoles durables pour vendre le café plus cher

Le café Peru Organic, comme une majorité des cafés Nespresso, s’inscrit dans le cadre du programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable. Un programme d’approvisionnement qui rassemble aujourd’hui plus de 110 000 producteurs de café dans 14 pays et qui prévoit la formation des fermiers à des pratiques agricoles durables.

Cela inclut des règles strictes sur l’utilisation de l’eau et la limitation des intrants de synthèse au sein des plantations, sur la plantation d’arbres au coeur des exploitations pour améliorer la qualité des sols, de la biodiversité et du café etc. « Ces méthodes agricoles durables permettent aux grains de café vert récoltés d’être de meilleure qualité, et donc d’être vendus plus cher », indique la marque. Par conséquent, Nespresso affirme payer le café de ses producteurs partenaires entre 30 et 40% plus cher que les prix du marché. Pour développer ses cafés certifiés biologiques, Nespresso revendique une approche qui consiste à amener ses producteurs de café partenaires vers des pratiques agricoles biologiques de façon progressive, et plus durable afin de continuer à s’approvisionner auprès d’eux.

[MARKETING] Jardin Bio devient Jardin Bio Etic et accélère sur l'origine France

Article publié le 09 juillet 2020

La marque alimentaire bio, propriété du groupe Léa Nature, change de nom et en profite pour renforcer ses engagements – 50 au total – en faveur d’une alimentation biologique plus exigeante. Désormais, Jardin Bio s’appelle Jardin Bio Étic. « Étic est un acronyme d’Entreprise citoyenne engagée pour le développement des Territoires et filières biologiques, au bénéfice de l’Innocuité, de la santé et de la nutrition des consommateurs, tout en préservant le Climat et la biodiversité », détaille l’entreprise.

Ce nouveau nom s’accompagne d’une refonte de l’identité visuelle de la marque. Ainsi, le logo Jardin BiO devient Jardin BiO étic, et l’étiquette affiche désormais la note obtenue par le produit dans le cadre du Nutriscore. Jardin Bio revendique par ailleurs 70% de notes entre A et B. « Ce nouveau graphisme rassemble les valeurs de Jardin BiO en réaffirmant ses engagements sur la face avant des packs ». Afin de soutenir cette initiative, l’entreprise a prévu un plan de communication multicanal sans précédent pour la marque et prévoit ainsi d’accroitre de 50% sa présence dans les médias pour l’année 2021.

Côteaux Nantais change de logo et lance un site marchand

Article publié le 1er octobre 2020

Le spécialiste de l’arboriculture en biodynamie se tourne vers l’avenir. La marque a en effet entièrement remodelé son logo, avec la volonté de réaffirmer ce qui constitue son cœur de métier : la pomme. L’entreprise a conservé les couleurs emblématiques de son histoire : le rouge et le vert. Cette nouvelle entité graphique a vocation à être déclinée sur tous les supports de l’entreprise.

Par ailleurs, Côteaux Nantais vient d’annoncer le lancement son site marchand, positionné comme un complément aux réseaux de distribution spécialisés, au sein desquels la marque est vendue. Purées, confitures et gelées, jus et nectars, cidres et vinaigres… au total, le site se compose de 180 références disponibles à l’achat.

Et dès cette saison, les fruits frais issus de ses vergers cultivés en biodynamie seront également proposés à la livraison. Les Côteaux Nantais veulent encourager les commandes groupées, incitant les particuliers à se regrouper, et offre ainsi la livraison pour toute commande dont le montant est supérieur à 129 euros.

[INTERVIEW] Aurélien Penot, responsable marketing frais, CHARAL

Steaks hachés, bavette d’Aloyau, faux filet, carpaccio… Avec quatorze références en bio dont une nouvelle récemment ajoutée à son portefeuille, Charal continue d’étoffer sa gamme de viandes biologiques. Sur ce marché, la marque enregistre une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, et compte bien intensifier encore davantage ses efforts. Aurélien Penot, responsable marketing frais pour la marque, nous explique comment l’entreprise appréhende le bio pour séduire toujours plus de consommateurs et conserver son leadership en rayons.
 

Quelle importance les produits biologiques revêtent-ils pour la marque Charal ?

Nous faisons partie des précurseurs puisque l’offre bio, chez Charal, a vu le jour en 1999. Il s’agissait d’un steak haché à 15% de matière grasse. Quelques années plus tard, l’offre a été complétée avec un steak haché à 5% de matière grasse, d’abord sous forme de steak strié, puis, sous la forme d’un steak ‘façon bouchère’, qui a connu une belle croissance ces dernières années. Plus récemment, nous avons basculé nos steaks hachés à 15% de matière grasse vers 12% de matière grasse, plus en phase avec les nouvelles attentes de nos clients sur le bio en particulier.
 

Comment est structurée votre gamme biologique ?

Notre gamme de produits biologiques se compose de cinq références de steaks hachés, quatre références de pièces de viande telles que le faux filet, la bavette, ou encore le bifteck, une référence de hamburger, un tartare, un carpaccio que nous avons lancé très récemment, et deux références au rayon surgelés. A chaque lancement de nouvelle référence, l’accueil des consommateurs est très positif. Nous continuerons à étoffer cette gamme pour répondre à leurs attentes.
 

Comment se comporte-t-elle économiquement ?

Ces dernières années, notre gamme bio enregistre une croissance à deux chiffres. Depuis le début de l’année, même si le confinement a bousculé les comportements de consommation, nos ventes en volumes de steaks hachés biologiques ont progressé de 21% en frais, et de 25% pour les références piécées.
 

Comment les ventes sont-elles réparties entre les steaks hachés et les produits piécées ?

Les steaks hachés concentrent 90% des ventes en volume. Les piecés et autres références représentent les 10 % restants.

Les marques de distributeurs sont très bien implantées sur le segment des steaks hachés bio. Comment faites-vous pour vous démarquer ?

Étant arrivés très tôt sur le marché du bio, nous bénéficions d’une antériorité qui nous a permis de recruter des clients depuis longtemps. De plus, en tant que leader sur le marché, Charal est un repère pour les consommateurs. Et les consommateurs qui choisissent de se tourner vers un produit biologique après avoir consommé du conventionnel, peuvent être en quête de repère, ce qui joue en notre faveur. Enfin, notre force réside aussi dans l’origine de la viande, puisque notre offre en bio est 100% française, et issue des quelque 1300 exploitations biologiques avec lesquelles nous travaillons.
 

Rencontrez-vous parfois des difficultés d’approvisionnements ?

C’est un enjeu permanent pour notre entreprise : nous travaillons beaucoup à développer et sécuriser nos approvisionnements, pour parvenir à trouver les animaux qui conviennent le mieux à nos exigences de qualité.

Avez-vous constaté une cannibalisation des ventes entre vos produits conventionnels et ceux labellisés « AB » ?

Nous ne l’avons pas constaté. Chez un certain nombre de distributeurs, en GMS, l’offre bio est implantée dans un rayon dédié. Cette logique permet de distancer physiquement nos viandes conventionnelles de nos viandes biologiques. Cela peut réduire l’effet de cannibalisation, s’il y en a un. Mais de manière générale, les produits qui bénéficient d’une origine géographique française et d’un label tirent le marché vers le haut en termes de croissance. Autrement dit, le bio crée du chiffre d’affaires additionnel.
 

De plus en plus de voix s’élèvent pour dire que l’alimentation humaine doit tendre vers un rééquilibrage de la consommation de produits d’origine animale avec ceux d’origine végétale. Quel regard portez-vous sur le sujet ?

La viande de bœuf reste encore aujourd’hui au cœur de l’assiette des Français avec plus de 97% de pénétration. Et pour beaucoup d’entre eux, la viande reste aussi un produit associé à la notion de plaisir. Les pratiques et les attentes évoluent et nous sommes en mesure, aujourd’hui, de répondre au consommer ‘moins’ mais ‘mieux’. ‘Moins’ en lançant ces derniers mois plusieurs offres produits avec des portions de viande réduites, entre 50 et 100g. Quant au consommer ‘mieux’, nous y répondons depuis de nombreuses années en faisant évoluer notre offre de manière à proposer par exemple plus de races à viandes et en développant notre offre bio.

D'aucy veut des produits 100% bio ou issus de l'agroécologie d'ici 2023

Article publié le 22 octobre 2020

Une volonté affichée de contribuer à la transition écologique. D’ici à 2023, la maque bretonne d’aucy s’engage à ce que 100% des cultivateurs de légumes de la marque soient certifiés en agriculture biologique, ou dans le cadre de la Certification Environnementale des Exploitations Agricoles avec la charte d’aucy et le label Haute Valeur Environnemental (HVE).

Aujourd’hui, la marque de la coopérative Eureden – plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires -, revendique plus de 100 producteurs déjà certifiés en agriculture bio. Mais d’aucy n’entend pas uniquement capitaliser sur le label « AB ». « Les solutions doivent naturellement varier en fonction des cultures, du climat, des territoires ou encore des sols », précise l’entreprise. Elle veut donc développer et diffuser de nouvelles pratiques de cultures et de production centrées sur l’agroécologie.

Dans cette philosophie, d’aucy veut que les modes de production de ses cultivateurs prennent en compte différents critères et moyens, tels que le respect de la biodiversité des écosystèmes et de leur habitat, mais aussi le désherbage mécanique, la valorisation des engrais organiques des exploitations, le stockage des eaux de pluies hivernales excédentaires pour une utilisation si nécessaire l’été sur les légumes, etc.

Accompagner progressivement les exploitations vers la certification HVE

Ainsi, les producteurs qui ne seront pas labellisés « AB », seront reconnus par la certification environnementale des exploitations agricoles au niveau 2 ou 3, dans le cadre de la charte d’aucy, afin de les accompagner progressivement vers la Haute Valeur Environnementale. « Notre mission est d’accompagner chacun de nos agriculteurs, quel que soit leur niveau, dans la transition écologique avec des pratiques innovantes, reconnues et performantes. Notre ambition, à terme, est de viser partout où ce sera possible la certification HVE qui est le niveau le plus exigeant », confie Nicolas Facon, directeur général de d’aucy France. « Notre nouvelle charte traduit la feuille de route vers ce label, symbole de l’excellence en matière d’exigence environnementale ».

Certifiée par un organisme indépendant habilité par les pouvoirs publics depuis juillet 2019, la charte d’aucy, qui repose sur les critères de la certification environnementale des exploitations agricoles, permet en effet d’implémenter des pratiques concrètes propres à la certification HVE, telles que l’installation de ruches pour favoriser la biodiversité ou encore la mise en place de techniques alternatives aux traitements par pesticides. A ce jour, l’entreprise revendique 8 exploitations de plein champ certifiée HVE, en Bretagne.

[CONSERVE] La maison-mère de Phare d'Eckmühl déploie son label « Pêche responsable »

Maison Chancerelle, conserverie bretonne propriétaire des marques Phare d’Eckmühl et Connétable, a présenté son nouveau label, « Pêche responsable », pensé et conçu pour être plus exigeant que le label MSC. Celui-ci repose sur quatre piliers : la qualité des produits, la gestion des ressources marines, les exigences sociales et la transparence.

Déjà appliqués à sa politique d’achats depuis 5 ans, les 36 critères qui composent ces piliers font désormais l’objet d’un cahier des charges, évalué par l’organisme de certification Bureau Veritas. L’entreprise basée à Douarnenez, n’entend pas pour autant stopper sa collaboration MSC, estimant qu’il s’agit du seul écolabel reconnu pour les produits de la mer. Elle a d’ailleurs été la première société spécialiste de poissons vendus en conserves à apposer le label. L’an passé, la conserverie Chancerelle a généré un chiffre d’affaires de 157 millions d’euros et à vendu 147 millions de boites.

Pernod Ricard cède à la tentation du bio

Dynamiser la catégorie des boissons anisées en grande distribution n’est pas une mince affaire. Avec une part de marché de 22,2% des ventes de spiritueux en GMS (chiffres 2019, Fédération française des Spiritueux), cette catégorie représentait un chiffre d’affaires d’environ 1,04 milliard d’euros. Le mastodonte du marché, le groupe Pernod Ricard, avait initié une nouvelle dynamique en 2018, avec le lancement en grandes surfaces de « Ricard Plantes Fraîches », dont le caractère innovant reposait sur un mélange de 14 plantes aromatiques de Méditerranée.
 

Des saveurs fruitées

Pour insuffler encore davantage de nouveauté à son pastis marseillais, l’entreprise mise, cette fois, sur un label devenu incontournable dans le portefeuille de produits des industriels conventionnels : celui de l’agriculture biologique. Les deux nouvelles boissons du groupe, commercialisées depuis le 6 mai, sont ainsi fabriquées en France avec des ingrédients 100% d’origine naturelle et certifiées « AB » . Leur particularité réside aussi dans leur recette puisqu’elles sont toutes deux fruitées : la première revendique un mélange d’anis vert et d’amande, et la seconde comprend bien entendu de l’anis vert, conjugé cette fois au citron.
 

Une distribution par les cavistes Nicolas

Pour distribuer ces nouvelles références, Pernod Ricard a opté pour le réseau de cavistes Nicolas, qui a rouvert ses quelque 500 points de vente, dès le début du mois d’avril dernier, après deux semaines de confinement. Un choix de canal de distribution qui tombe donc à pic, pour un lancement de produit qui intervient en pleine crise sanitaire. Sur le site marchand de l’enseigne Nicolas – et probablement à l’occasion du lancement -, les deux Ricard Bio sont vendus à un prix barré de 21,25 euros pour 70cl, au lieu de 25 euros, son tarif normal.

Pour développer sa gamme bio, Alpina Savoie choisit le riz et le quinoa

Pour étoffer sa gamme « Bio de France » qui, comme son nom l’indique, est dédiée aux produits issus de l’agriculture biologique française, la marque Alpina Savoie a jeté son dévolu sur le riz – blanc et complet – et le quinoa. Tous deux certifiés « AB », ils sont en outre garantis « zéro résidu de pesticides » puisque l’entreprise a choisi de travailler avec des agriculteurs bio, dont les productions ne font l’objet d’aucun pesticide, même de ceux qui sont autorisés dans le cadre du label « AB ».
 

Le riz pour préparer la terre à la culture de blé

Le choix de commercialiser du riz n’a rien d’un hasard. Alpina Savoie possède déjà dans sa gamme de produits biologiques des pâtes, élaborées à partir de semoule de blé dur. Or, la culture de ce dernier est d’une certaine manière optimisée, lorsque la terre a accueilli avant lui… du riz. En clair, le riz est un maillon clé de l’itinéraire cultural mis au point par les producteurs partenaires de l’entreprise.
 
En effet, grâce à son mode de culture immergé, le riz permet de nettoyer les sols et, ainsi, de protéger la culture de blé dur des bio-agresseurs. La rotation culturale utilisée fait en outre intervenir la production de luzerne, dont l’un des atouts est de nourrir les sols en azote, ce dernier étant l’un des éléments essentiels à la production de céréales sans pesticides. Pour sa part, le quinoa, cultivée dans le Berry, fait appel à un autre modèle vertueux. « Nous avons mis au point des itinéraires culturaux spécifiques, un peu comme le font nos collègues camarguais », explique Marion Breteau, agricultrice et partenaire d’Alpina Savoie. « Après la culture de pois ou de lentilles, une parcelle accueille le quinoa pour une saison et nous passons ensuite à la culture de blé. Nous faisons également appel à une variété rustique, particulièrement résistante dont l’enveloppe, composée de saponine, s’avère être un excellent répulsif naturel contre les ravageurs. » Des modèles vertueux à plus d’un titre.

François Deschamps