[STRATÉGIE] La recette gagnante du Grand Panier Bio

Article extrait de la Newsletter du 17 décembre 2020

Une ascension discrète, mais très assurée. Le Grand Panier Bio, enseigne indépendante, à l’origine clermontoise qui a essaimé des petits un peu partout en France, va boucler l’année 2020 sur une progression de son chiffre d’affaires de 30% à périmètre courant (18% à périmètre constant), soit un montant total de 26 millions d’euros.

A son actif, l’enseigne compte 19 magasins spécialisés dont deux intégrés et 17 franchisés, dont les rangs ont été gonflés de 5 nouveaux venus en 2020 en dépit du coup de frein imposé par la crise de la Covid-19. Aujourd’hui, Le Grand Panier Bio peut revendiquer un maillage très large, voir éclaté, du territoire. Elle est en effet présente dans des villes comme Toulouse, Clermont-Ferrand, Limoges, Lyon, Oléron, Noisy-le-Grand ou encore Bourg-en-Bresse.

Près de 30 magasins d’ici fin 2021

Pleinement engagé dans une extension raisonnée, et raisonnable, de magasins sous enseigne Le grand Panier Bio, son président Bertrand Pérot, s’est fixé comme objectif d’atteindre la trentaine de points de vente à fin 2021. “Notre volonté est de continuer à nous développer sous forme de franchise. Pour cela, nous avons une approche guidée par les opportunités, le profil des candidats et le feeling que l’on a avec eux, et toujours l’exigence de faire de la qualité avant du volume”. Une philosophie qui, jusqu’à présent, réussit bien à l’enseigne. Elle s’est notamment payée le luxe de figurer en deuxième place du classement 2020 du magazine Capital, portant sur les meilleures enseignes de magasins bio en France. Et ce, juste devant le leader des spécialistes bio : Biocoop. Excusez du peu.

Un concept abouti de magasins

Ce succès elle le doit à sa quête perpétuelle de la satisfaction client, qu’elle a décidé de placer au cœur de son concept. “Notre concept de magasin est l’aboutissement de 10 ans de travail, et nous continuons de le faire évoluer. Nos magasins sont beaux, très qualitatifs, et les gens s’y sentent bien, c’est important”, confie Bertrand Pérot.

Pour cet ancien golfeur professionnel qui a repris l’affaire familiale en 2006, et lancé la franchise en 2009, c’est un défi quotidien, mais il le reconnait volontiers, “la compétition, ce doit être dans mes gênes”, et utilisé dans le cadre du commerce, c’est une fibre que l’on sait très utile. Pour séduire et fidéliser ses clients, Le Grand Panier Bio revendique une dynamique commerciale forte, à coup de promos et par un recours efficient à sa carte de fidélité. L’enseigne mise aussi sur un assortiment large de produits qui, selon la taille du magasin, peut s’étendre entre 7 000 et 14 000 références.

Une marque propre de 40 références en épicerie

Aussi, l’an passé, l’entreprise a complètement remodelé son enseigne et a lancé sa marque propre : “Les délices de Clarisse”, comme un clin d’oeil au prénom de la plus jeune de ses deux filles. La marque compte déjà près de 40 références, essentiellement des produits d’épicerie, du quotidien, mais n’entend pas pour autant en faire un axe majeur de développement. Pour concevoir cette marque, la société s’est appliquée à collaborer en priorité avec des petites entreprises, qui présentent un savoir-faire artisanal. “Clarisse”, c’est aussi le nom de la mascotte de l’enseigne, dont l’avatar est utilisé sur la signalétique en magasin pour signaler les univers de produits ou encore expliquer le fonctionnement de la carte de fidélité et les avantages qu’elle procure.

Précurseur sur le drive

Convaincu qu’il faut vivre avec son temps, le président de Le Grand Panier Bio a initié cette année la refonte de la plateforme Web de l’enseigne, en mettant en avant un atout clé : ses drives. Les drives ont été mis en place il y a deux ans déjà, et sont le fruit d’un an et demi de travail. Mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’un énième format de click-and-collect mal nommé drive, mais bel et bien d’un espace dédié à l’extérieur du magasin, adossé à une logique de picking in-store pour constituer les commandes des clients.

A l’instar de nombreux distributeurs, l’activité e-marchande de l’entreprise à travers ses drives, a connu un vrai coup d’accélérateur au cours du 1er confinement, au printemps dernier. “Nous sommes passés de 10 commandes à plus de 100 commandes par jour, il a fallu réagir et s’adapter très vite”, racontre Bertrand Pérot. Seul (petit) bémol, tous les points de vente de l’enseigne n’en sont pas équipés. Uniquement ceux dont la taille le permet, soit 11 magasins sur les 19 que compte l’entreprise. Mais désormais, chaque nouveau magasin qui ouvre ses portes est équipé d’un drive.

En outre, l’enseigne vient de déployer la livraison à domicile auprès de 6 de ses magasins, pour coller encore davantage aux attentes de ses clients. Si pour l’heure, l’activité Web ne pèse pas lourd dans le chiffre d’affaires global de l’entreprise, dans certains magasins, comme celui installé à Clermont-Ferrand, elle peut tout de même atteindre jusqu’à 10%. “Mais c’est exceptionnel, et lié au contexte du Covid-19”, reconnait Bertrand Pérot. Il sait néanmoins que c’est une tendance qui va continuer à prendre de l’ampleur, et entend donc bien, ne pas louper le coche. Les distributeurs bio spécialisés en pointe sur le sujet forment un club très restreint, dont le nombre de membres peut se compter sur les doigts de la main. Et sur ce point précis du digital, c’est une marque de différenciation forte, qui permet de garder une longueur d’avance sur les enseignes concurrentes.

François Deschamps