[STRATÉGIE] Le Marché de Léopold met la main sur Un Autre Chemin, et cultive son âme de commerçant

Article extrait de la Newsletter du 07 janvier 2021

Preuve supplémentaire que la distribution spécialisée est en proie à un phénomène de concentration, Le Marché de Léopold a annoncé l’acquisition de l’enseigne Un Autre Chemin. Résultat d’un rapprochement opéré au cours de l’été 2019, l’initiative avait toutefois été ralentie en raison de la crise liée à la Covid-19. Pour autant, « nous sommes vites tombés d’accord et les négociations finales ont été très rapides », confie Benjamin Quiras, fondateur du Marché de Léopold.
 
Si le montant de l’opération n’est pas divulgué, elle permet au Marché de Léopold de mettre la main sur un réseau composé de 5 magasins, tous situés dans le Nord de la France : à Douai, Coudekerque Branche, Béthune, Coquelles et Grande Synthe. « Nous sommes ravis de pouvoir intégrer les 5 magasins d’Un Autre Chemin à notre réseau et d’accueillir l’expertise de leurs dirigeants au sein du Marché de Léopold. Les convictions qu’ils portent sur l’alimentation et plus globalement la consommation et l’écosystème bio rejoignent celles que nous nous attachons à défendre depuis plus de 12 ans », explique Benjamin Quiras.
 
Condition incontournable au rapprochement des deux enseignes, les co-gérants d’Un Autre Chemin, Matthieu et Vincent Beaumont, deviennent associés au capital du Marché de Léopold, et conservent par ailleurs des rôles opérationnels, parmi lesquels, la gestion des magasins du Nord.
 

42 millions d’euros de chiffre d’affaires pour le nouvel ensemble

Avec un chiffre d’affaires d’un peu plus de 9 millions d’euros en 2020 (+15%) pour Un Autre Chemin, et 33 millions d’euros pour les magasins sous enseigne Le Marché de Léopold (+20%), le nouvel ensemble pèse donc un peu plus de 42 millions d’euros.
 
Pour Le Marché de Léopold, dont les points de vente sont majoritairement implantés dans le Grand Ouest, cette initiative lui permet d’étendre son maillage sur un territoire où il était jusqu’alors absent. En comptant les 5 magasins d’Un Autre Chemin, Le Marché de Léopold compte ainsi à son actif un total de 26 points de vente.
 
Si à terme les magasins seront probablement remodelés aux couleurs du Marché de Léopold, ce n’est pas la priorité du moment, le fondateur de l’enseigne préférant capitaliser sur la notoriété locale d’Un Autre Chemin. « Le travail à mener dans un premier temps porte sur le système d’information, la structure de la gestion des stocks ou encore l’assortiment de produits », précise Benjamin Quiras. D’autant que grâce à son partenariat aux achats avec le groupement Les Comptoirs de la Bio, les synergies possibles sur le catalogue produits ne manquent pas.
 

Priorité au commerce

Face à une concurrence durcie sur le marché de la bio, Le Marché de Léopold capitalise à plein sur son métier de commerçant : « Nous le constatons tous les jours, si vous êtes un bon primeur, votre magasin marchera », aime à rappeler Benjamin Quiras. Dont acte.
 
L’enseigne met un point d’honneur à travailler son assortiment et notamment son rayon de fruits et légumes, dont la part de produits locaux peut atteindre jusqu’à 70% dans les magasins les plus efficaces (40% en moyenne dans l’ensemble des points de vente). Elle a de cette manière noué des partenariats avec 300 producteurs locaux. Avec une moyenne de 4 500 références de produits au global dans ses magasins, la part consacrée au local est comprise entre 10% et 15%. Une proportion qui devrait continuer de progresser, puisque Benjamin Quiras y voit aussi un bon moyen de se démarquer de la concurrence.
 
D’autant que la crise de la Covid-19 a contribué à accélérer la dynamique sur ce point précis, en incitant le fondateur de l’entreprise à se tourner vers plus de local, et répondre ainsi à une forte demande sur des produits en tension, à l’instar des farines. « Nous avons également un enjeu autour des produits exclusifs proposés en magasins, et les produits locaux apportent cette composante essentielle à notre différenciation ». De plus, l’enseigne veut continuer de cultiver sa compétitivité face aux GMS grâce à sa gamme de produits de premiers prix, composée de 200 références, notamment sous la MDD destinée aux circuits indépendants : Elibio.
 
Enfin, à contre-courant des tendances que l’on peut observer dans le commerce, la vente en ligne ne fait pas partie des priorités de l’enseigne. Elle ne possède donc pas de site marchand et son dirigeant est très clair : « Je n’ai pas de grandes ambitions sur le sujet, et je crois beaucoup aux magasins alimentaires physiques. Encore une fois, si nous proposons de bons produits, les clients feront le déplacement ». Faire du commerce et le faire bien, est résolument la ligne de conduite que s’est fixé Le Marché de Léopold.
 
François Deschamps